Quatre hommes sont jugés depuis ce matin devant la cour d'assises spéciale de Paris. Soupçonnés de préparer des attentats, ils avaient braqué la Poste de Pontcarré.

Quatre hommes comparaissent devant la cour d'assises spéciale
Quatre hommes comparaissent devant la cour d'assises spéciale © Radio France / Matthieu Boucheron

Au moment des faits l'accusé central, Ibrayma Sylla, ancien braqueur, sort de prison où il s'est clairement radicalisé. Son objectif : constituer une cellule terroriste. L'idéal, selon lui, c'est cinq personnes. En réalité, il parviendra à vraiment en convaincre une, ancien camarade de prison de onze ans son cadet, Pierre Roubertie.

Les deux autres, l’un schizophrène, les yeux dans le vague, l’autre la tête baissée sur quelques feuilles posées devant lui, comparaissent libres, soupçonnés d’être de vagues complices. Juste au-dessus dans le box : Pierre Roubertie, catogan et large barbe. Accusé d’être le bras droit d’Ibrayma Sylla qui, à l’autre extrémité du box des accusés refuse quant à lui de décrocher le moindre mot, tête baissé, les yeux rivés au sol.

On est bien loin du chef de bande aux “logorrhées djihadistes” comme l’ont noté les enquêteurs. Surveillé depuis sa sortie de prison, Ibrayma Sylla était sur écoute. Dans son appartement, sa voiture, les enquêteurs l’entendent, des mois durant, élaborer ses projets : constituer une cellule pour tuer des mécréants, et même des enfants, comme son idole Mohamed Merah.

Ibrayma Sylla explique : "il doit y avoir 5 personnes déployées au même moment. On aura chacun une liste noire. Et "tac hop hop hop." Il ne cite personne mais évoque des personnalités, des ministres ainsi qu'un criminologue. Pour cela, les hommes ont besoin d’armes - des “armes de guerre”, disent-ils - qu’ils envisagent d’enterrer pour plus de discrétion. Et pour acheter ces armes, il leur faut de l’argent, “un butin halal”. Alors, ils font des repérages : une pizzeria du 13e arrondissement de Paris, des bijouteries, le boucher d'en face. Finalement, ce sera la Poste.

Le 3 avril 2013, les deux hommes débarquent au domicile du guichetier de Pontcarré, en Seine-et-Marne. L'un d'eux séquestre sa femme enceinte de sept mois et leur fils de trois ans, l'autre emmène le guichetier au bureau de poste et, sous la menace d'un couteau, se fait remettre 2000 euros en liquide.

L’opération dure à peine une heure, une heure pendant laquelle Ibrayma Sylla n’était plus sous surveillance.

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