Début de la deuxième semaine du procès de Jérôme Cahuzac. C'est au tour de l'ex-madame Cahuzac, jusqu'ici restée silencieuse, de passer à la barre.

Patricia Menard, ex-femme de Jérôme Cahuzac, au tribunal de Paris en février 2016.
Patricia Menard, ex-femme de Jérôme Cahuzac, au tribunal de Paris en février 2016. © AFP / MIGUEL MEDINA / AFP

Jusqu'à présent, Jérôme Cahuzac, l’ex-ministre du Budget poursuivi pour fraude fiscale et blanchiment, s’est longuement expliqué. Sur l’ouverture d’un compte caché en Suisse, en 1992, pour héberger, selon ses dernières déclarations, des fonds destinés au financement illégal du courant rocardien. Sur la spirale dans laquelle il dit avoir ensuite été pris, déposant ses propres économies sur ce compte....pour aller jusqu’à transférer ses avoirs à Singapour en 2009, pour ne pas être découvert.

Le banquier François Reyl et un intermédiaire suisse se sont également défendus, affirmant avoir agi à la demande du client en transférant le compte à Singapour, afin de garantir la confidentialité du compte, et non pour blanchir l’argent d’une fraude fiscale.

Une seule personne parmi les prévenus est pour l’instant restée silencieuse : Patricia Cahuzac, l’ex-épouse du ministre, également poursuivie pour fraude fiscale et blanchiment. On n’a, en fait, quasiment jamais entendu le son de sa voix.

Une femme au coeur de l'affaire

Interrogée le premier jour du procès sur sa connaissance de l’origine des fonds suisses, collectés pour financer, selon son mari, le courant rocardien, Patricia Cahuzac a affirmé n’être au courant de rien.

Je savais qu’il y avait un compte en Suisse, mais c’est tout (Patricia Cahuzac)

Le reste du temps, vêtue d’un tailleur noir - chemisier blanc, ses cheveux noués en chignon - , elle garde la même posture : très droite, le regard baissé, les mains croisées sur les genoux. Une attitude en retrait, pour une femme qui est pourtant au cœur de l’affaire.

Patricia Cahuzac avait ouvert de son côté en 1997 un autre compte, sur l’île de Man, à parts égales avec son mari. Elle y encaissait l’argent des patients anglais de leur clinique d’implants capillaires, sans passer par la case impôts. Quand le couple commence à tanguer, en 2007, elle ouvre son propre compte en Suisse, sans en parler, cette fois, à son mari. L’argent a servi à acheter un appartement à leur fille, et à diverses dépenses familiales. Fin 2013, Patricia Cahuzac avait révélé d’elle-même aux enquêteurs l’existence de ces avoirs cachés, d’un montant de 2,7 millions d’euros. De quoi, peut être, inciter le tribunal à plus de clémence qu’envers son ex-mari.

Le procès se tient jusqu'au 15 septembre au tribunal correctionnel de Paris.

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