Interpellé en 2013 avec 400 000 euros en liquide alors qu'il prenait un train pour Bruxelles, l'ancien ambassadeur comparait notamment pour "blanchiment de fraude fiscale".

Boris Boillon au Palais de justice de Paris
Boris Boillon au Palais de justice de Paris © AFP / PATRICE PIERROT / CITIZENSIDE

Boris Boillon doit être jugé pour "blanchiment de fraude fiscale", "faux et usage de faux", "abus de biens sociaux" et "manquement à l'obligation déclarative de transfert de capitaux". Il encourt jusqu'à cinq ans de prison et d'importantes amendes.

Parfaitement arabophone, Boris Boillon a été conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur puis à l'Elysée. Il a tout juste 40 ans lorsqu'il est nommé ambassadeur de France à Bagdad en 2009 (jusqu'en 2011) par Nicolas Sarkozy. Parfaitement arabophone, il n' hésite pas à sillonner le pays pour signer des contrats pour la France et sait tisser de nombreux liens dans la région.

Boris Boillon ambassadeur en Irak,  et Nicolas Sarkozy, Président, aux cotés du Président du Kurdistan irakien en 2010
Boris Boillon ambassadeur en Irak, et Nicolas Sarkozy, Président, aux cotés du Président du Kurdistan irakien en 2010 © Reuters / Philippe Wojazer

Episode n°1 : Tunis, les journalistes et les muscles

Mais son tempérament sanguin le fait s'affranchir de tous les codes de la diplomatie. Nommé ensuite ambassadeur de France à Tunis à la chute de Ben Ali, Boris Boillon a pour mission de redorer l'image de la France qui a mis du temps à soutenir la révolution. Très vite, il choque en s'affichant en maillot de bain sur le web, sur le site Copains d'avant et provoque la colère des Tunisiens en prenant de haut les journalistes locaux et en refusant de répondre à des questions qu'il juge "débiles" :

Les Tunisiens descendent dans la rue pour réclamer son limogeage :

Manifestation à Tunis pour réclamer le départ de Boris Boillon
Manifestation à Tunis pour réclamer le départ de Boris Boillon © AFP / Fethi Belaid

Il doit finalement s'excuser publiquement :

Episode n°2 : le soutien à Kadhafi

Boris Boillon n'en reste pas là. Sur le plateau du Grand Journal de Canal plus à la même époque, il n'hésite pas à défendre le dirigeant lybien, Mouammar Kadhafi, qui l'appelle "mon fils" :

Kadhafi a été un terroriste par le passé, mais il ne l'est plus(...) Dans sa vie on fait tous des erreurs et on a tous droit au rachat

Episode n°3 : le James Bond de la diplomatie

Il posera ensuite en septembre 2011 à la une du magazine people tunisien Tunivisions, empruntant le look et la posture de James Bond. Et un titre "My name is Boillon, Boris Boillon !" De quoi déplaire aux Tunisiens et au corps diplomatique français.

Episode n°4 : du cash dans les bagages

Boris Boillon a été mis en disponibilité en août 2012 par François Hollande, peu après son arrivée à l'Elysée. Il s'est alors lancé dans les affaires, à savoir "le consulting" dans le privé. Voilà comment il justifie d'ailleurs les sommes en liquide découvertes par les services des douanes dans ses bagages en 2013 à Paris alors qu'il allait prendre un train pour Bruxelles : 350 000 euros et 40 000 dollars. Or, la somme maximale en cash autorisée en Union européenne sans déclaration préalable est de 10 000 euros. Selon Boris Boillon, cet argent proviendrait de ses activités professionnelles en Irak, versé en liquide. Les investigations n'ont pas permis de retracer l'origine des espèces. La justice le soupçonne également d'avoir produit de faux jusitificatifs.

Episode n°5 : le passage à l'ONU

Alors qu'il doit être jugé, Boris Boillon a été réintégré au sein du ministère des Affaires étrangères en 2016 et a été nommé à la mission française à l'ONU à New York. Cette nomination a été plutot mal accueillie, au vu de ses déboires avec la justice. Il a finalement été suspendu en novembre dernier à l'approche de son procès qui devait dans un premier temps se tenir en mars 2017.

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