Le procès de l’attentat du Thalys, le 21 août 2015, doit s’ouvrir le 16 novembre prochain devant la cour d’assises spécialement composée de Paris. Selon une information France Inter, parmi les témoins attendus à l’audience, un certain… Clint Eastwood, réalisateur du film "le 15h17 pour Paris", consacré à cet attentat.

Clint Eastwood lors de l’avant-première de son film "15h17 pour Paris" à Burbank, Californie
Clint Eastwood lors de l’avant-première de son film "15h17 pour Paris" à Burbank, Californie © AFP / CHRIS DELMAS

Le 21 août 2015, dans le wagon 12 du Thalys 9364 à destination de Paris, Ayoub El-Khazzani surgit des toilettes, une kalachnikov à la main. L’homme ne commettra pas l’attentat initialement prévu, il a été désarmé, non sans avoir tiré, notamment par trois passagers américains en vacances. Ces faits, bien réels, s’apprêtent à être jugés devant la cour d’assises spécialement composée de Paris du 16 novembre au 18 décembre prochains.

Mais l’attaque a aussi inspiré un film. “15h17 pour Paris”, sorti en février 2018 et réalisé par Clint Eastwood, qui a fait de ces trois passagers courageux - Alek Skarlatos, Spencer Stone et Anthony Sadler -  les héros de son film où tout est “100% vrai”, selon les arguments de promotion à l’époque. Sur les plateaux de télévision, les trois Américains se félicitaient ainsi que ce film - tourné au deuxième semestre 2017 dans les régions d’Atlanta (Etats-Unis), Venise (Italie), Paris, Gennevilliers et Arras ainsi qu’en Belgique - ait inscrit dans son casting, outre eux-mêmes, des employés de la SNCF, d’autres passagers du train mais aussi de l’équipe médicale.

Convoqué à l'audience le 23 novembre

Alors aujourd’hui, dans la liste des 41 témoins (et 9 experts), on trouve un certain… Clint Eastwood. Le réalisateur américain est ainsi prié de venir, le lundi 23 novembre dans l'après-midi, s’expliquer au procès pour “qu’il apporte son éclairage sur l’attitude de Messieurs Stone, Skarlatos et Sadler sur le tournage et sur les consignes de tournage quant au déroulement des scènes censées reproduire avec exactitude les faits survenir le 21 août 2015”, ainsi que le précise la défense du principal accusé Ayoub El-Khazzani dans sa demande de citation de témoin auprès du parquet national antiterroriste. “Cette citation semble d’autant plus importante", explique aujourd'hui Me Sarah Mauger-Poliak, "que les soldats américains, et c'est regrettable, ne se sont pas présentés à la reconstitution organisée par la justice alors qu'ils ont passé des mois à rejouer la scène devant les projecteurs hollywoodiens".

Certes, un doute persiste sur la venue ou non du réalisateur américain, âgé aujourd’hui de 90 ans, en pleine pandémie de Covid-19. Répondre à la convocation d’une cour d’assises est une obligation légale, sous peine d’amende. Mais le fait que ce témoin un peu spécial réside aux États-Unis empêchera, le cas échéant, la possibilité pour la cour de délivrer un “mandat d’amener”, à savoir la demande aux services de police d’amener le témoin, si nécessaire par la force, devant la barre. Reste une possible solution de compromis : l'audition par visioconférence. On entendrait alors Clint Eastwood via l'écran ... de la salle d'audience.