Au deuxième jour du procès historique, le masque continue de faire parler de lui. Son port a été allégé, en attendant un avis de l'Agence régionale de santé.

Le port du masque a été allégé, au moins temporairement.
Le port du masque a été allégé, au moins temporairement. © AFP / Marie Magnin

Au procès des attentats de janvier 2015, l'audience a repris peu après 9 heures 30, ce jeudi 3 septembre. Dans la grande salle lambrissée, bancs blancs, dans les deux box vitrés, dix accusés sont masqués. Un accusé comparaît, toujours libre, masqué lui aussi. 

Le masque est encore la première préoccupation de la journée, pour le président de Jorna, qui avait ouvert le procès historique hier en annonçant que les masques étaient "obligatoires" pour tous. Obligation rapidement contestée par l'avocate du principal accusé, maître Isabelle Coutant-Peyre, qui avait dénoncé dès hier matin une "cour masquée". Puis dans l'après-midi, une autre avocate de la défense, maître Beryl Brown avait plaidé qu'il était impossible de juger convenablement un accusé masqué. La cour avait promis de réfléchir.

Un arrangement trouvé pour les masques

Ce matin, à l'ouverture de l'audience, Régis de Jorna annonce que mercredi soir un arrangement a été trouvé avec le président du Tribunal judiciaire et le bâtonnier. À partir d'aujourd'hui, explique-t-il, "quand un avocat s'exprime, il peut ôter son masque s'il le souhaite". Il poursuit : "quand un accusé est interrogé, il peut aussi enlever son masque, mais on ne pourra pas l'obliger". La cour d'assises spécialement composée de magistrats, elle, gardera le masque "en toutes circonstances". Masques obligatoires aussi pour les deux avocats généraux qui représentent la société. Le président conclut : "il serait très dommageable que suite à un non-respect des conditions sanitaires, il y ait des conséquences jusqu'à l'interruption du procès, et il est hors de question de prendre ce risque-là". 

Un avocat de la défense ne tarde pas à se lever et protester. Maître Christian Saint-Palais, qui est aussi président de l'association des avocats pénalistes, s'inquiète pour les plus "vulnérables", cite un de ses confrères dans la salle, et "pense surtout aux accusés". Il reconnaît que lui aussi, le masque le gêne. Mais trouve qu'il serait vraiment plus raisonnable que chacun garde ce masque, surtout pour parler. À moins, ironise-t-il, qu'on lui dise qu'il n'y a pas de risque de transmettre le virus quand on parle sans masque. Maître Saint-Palais s'étonne que cette décision de la cour ait été ainsi prise, en petit comité, hier soir, avec un magistrat et un avocat, sans grandes connaissances médicales, s'agace-t-il. Christian Saint-Palais réclame un expert épidémiologiste. Le président, masqué, lui répond que l'agence régionale de santé est saisie, et rendra un avis dans les plus brefs délais, sans doute aujourd'hui. 

"Il nous faut éviter un cluster à ce procès !"

En attendant, chaque avocat, chaque accusé est libre d'enlever son masque au moment où il s'adresse à la cour. L'un des avocats généraux suggère d'attendre cet avis médical, en restant masqué. Il rappelle que lui, était favorable au port du masque obligatoire pour tous durant tout le procès. "Il nous faut éviter un cluster à ce procès !", clame-t-il. Depuis ce matin, seuls deux accusés ont retiré leur masque au moment de leur interrogatoire de personnalité. Ils ont parlé devant la vitre de leur box. Le président a proposé ce matin que les vitres, micros, tablettes, soient plus régulièrement nettoyés au cours de ce procès historique. Le président qui suspend l'audience à 12 heures 30 pour un problème de micro dans l'une des salles de retransmission. Le problème s'est posé plusieurs fois ce matin et a déjà conduit à une première suspension. 

Les masques et les micros sont depuis hier au cœur des débats de ce procès historique, procès qui au printemps dernier avait déjà dû être reporté en raison de la crise sanitaire. 

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