Plus de cinq ans et demi après les attaques de Charlie Hebdo, Montrouge et de l'Hypercacher, 14 personnes seront jugées au cours du procès qui s'ouvrira le 2 septembre à Paris devant la cour d’assises spécialement composée. Onze d’entre elles seront dans le box des accusés. Trois autres sont toujours recherchées.

Les attaques perpétrées à l'Hypercacher, Charlie Hebdo et à Montrouge ont fait 17 morts, en janvier 2015
Les attaques perpétrées à l'Hypercacher, Charlie Hebdo et à Montrouge ont fait 17 morts, en janvier 2015 © AFP / Michael Bunel

Que savaient-ils des projets des tueurs ? Dans quelle mesure les ont-ils aidés ? Plus de cinq ans et demi après les attentats de Charlie Hebdo, Montrouge et de l'Hyperchacher, le procès qui se tiendra du 2 septembre au 10 novembre sera celui des complices - Amedy Coulibaly et les frères Kouachi ayant été tués lors des assauts simultanés donnés par les forces spéciales le 9 janvier 2015. 

En tout, 14 personnes seront jugées par la cour d'assises spéciale de Paris. Mais seulement onze accusés seront dans le box, les trois autres manquant à l'appel. 

Les absents 

Ils comptent parmi les plus impliqués dans ces attentats, parmi ceux qui savaient vraisemblablement ce que préparaient Amedy Coulibaly et les frères Kouachi. Mais, pas plus que les trois terroristes, ils ne seront là pour répondre de leurs actes. 

Car Hayat Boumeddiene, compagne d’Amedy Coulibaly qui l’a aidé à financer les attentats via des escroqueries, Mohamed Belhoucine, qui a notamment écrit le serment d’allégeance du terroriste de l’Hypercacher, et son frère Mehdi Belhoucine ont rejoint la Syrie quelques jours à peine avant les attentats terroristes. C’est Amedy Coulibaly lui-même qui les a déposés à l’aéroport. Direction : Istanbul, puis la Syrie. 

Depuis, Mehdi et Mohamed Belhoucine sont vraisemblablement morts dans les rangs du groupe État islamique. Hayat Boumeddiene, elle, a un temps été annoncée morte, tuée dans un bombardement. Mais le témoignage d’une revenante devant un juge d’instruction français laisse entendre qu’elle aurait fui le camp d’Al-Hol en changeant d’identité. 

Mais même absents du box, tous trois seront jugés au cours de ce procès pour association de malfaiteurs terroriste, ainsi que, dans le cas de Mohamed Belhoucine, pour complicité d'assassinats terroristes.

Le complice présumé

Avec Mohamed Belhoucine, Ali Riza Polat est le deuxième accusé pour complicité d’assassinats terroristes dans ce procès. Franco-turc de 35 ans, il est considéré comme un proche d’Amedy Coulibaly, soupçonné d’avoir été son bras droit dans les préparatifs des attentats. Six mois avant les attentats, il aurait rapporté des armes depuis la Belgique, mais aussi aidé à financer, via des escroqueries, les attaques. Il sera le principal accusé dans le box.  

Les soutiens logistiques

Peu de temps après les faits, les enquêteurs ont également identifié un petit groupe de personnes aujourd’hui accusées d’avoir aidé, à des degrés divers, les terroristes dans leurs préparatifs. C’est le cas de Nezar Mikael Pastor Alwatik, de Willy Prévost, vieux comparse d’Amedy Coulibaly, de Mohamed Fares, dénoncé par une lettre anonyme, du gérant belge de garage, Metin Karasular et de son associé sexagénaire, Michel Catino, de Saïd Makhlouf, d’Abdelaziz Abad, de Miguel Martinez et d’Amar Ramdani. 

Certains se sont rencontrés en détention, dans la maison d’arrêt de Villepinte. Ensemble, ils ont travaillé à la buanderie. Et ont ainsi formé "la secte de la buanderie", surnom de ce petit groupe auquel Amedy Coulibaly enseignait ainsi versets et sourates du Coran. 

L’ADN de Nezar Mikael Pastor Alwatik et Mohamed Fares, a été retrouvé sur plusieurs armes, certaines laissées dans un appartement de Gentilly qui a servi de planque à Amedy Coulibaly, d’autres ayant servi dans la tuerie de l’Hypercacher. D’autres sont accusés d’avoir fourni argent, gilets tactiques, bombes lacrymogènes ou munitions aux trois terroristes. 

Le plus faiblement impliqué

Christophe Raumel est le seul qui ne sera pas jugé pour des faits de terrorisme. Il était certes présent lors de l’achat de la voiture Renault Scénic qui servira à Amedy Coulibaly pour se rendre à l’Hypercacher, mais ne connaissait pas directement le terroriste. Au cours de ce procès, Christophe Raumel sera jugé pour association de malfaiteurs.

Les 14 accusés encourent des peines allant de 10 ans de réclusion à perpétuité.

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