L'incident est survenu jeudi matin en plein cœur de l'audience : alors qu'un enquêteur de la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) témoignait au procès, celui-ci a été brusquement interrompu car l'un des accusés est malade. L'audience est suspendue jusqu'à vendredi au moins.

Le tribunal de Paris, où se tient le procès des attentats de janvier 2015.
Le tribunal de Paris, où se tient le procès des attentats de janvier 2015. © AFP / Mathieu Menard

La salle d’audience était en train de visionner la vidéo de revendication de l’attentat de Charlie Hebdo par Aqpa, Al-Qaïda dans la péninsule arabique, lorsque le président l'a interrompue soudainement. Dans le box de gauche, l’un des accusés, Mickaël Pastor Alwatik, est malade : il est évacué du box. L'homme a de la fièvre, vomit, souffre de maux de tête et de difficultés respiratoires, symptômes qui pourraient s'apparenter au coronavirus. 

En conséquence, le président Régis de Jorna a décidé de repousser la reprise de l'audience “le temps que l’accusé voie un médecin”. Les avocats de la défense et des parties civiles ont d'ores et déjà été prévenues que le procès ne reprendrait pas avant vendredi matin. 

"Les symptômes qu'il présente peuvent inquiéter" 

L'avocate de Mickaël Pastor Alwatik, Marie Dosé, qui a réclamé un test Covid-19, alerte d’ores et déjà : “Je ne suis pas médecin, mais les symptômes qu’il présente peuvent inquiéter eu égard à la pandémie actuelle”. Et surtout, précise l’avocate : “J'apprends aujourd’hui qu’aucun des accusés du box n’a été testé avant ce procès.”

Les dix accusés détenus, répartis dans deux box vitrés sont certes masqués mais passent chaque jour des heures côte à côte, se retrouvent tous dans la même salle de dépôt avant et après l’audience, partagent les mêmes fourgons pour regagner leur lieux de détention.

Que peut-il se passer désormais ? 

Les résultats du test de Mickaël Pastor Alwatik sont attendus demain matin. En fonction, la cour décidera alors de la suite à donner à l'audience. "C'est tout le problème d'un réaction en chaîne parce qu'il y a les accusés, mais aussi les escortes derrière eux, leurs avocats devant.  Si on devient le premier cluster de France, ce serait navrant", se désole Me Laurence Cechman, avocate des familles de Michel Saada et Yoav Hattab

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