Le procès des attentats qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés s'est ouvert devant la cour d'assises spécialement composée de Paris. Quatorze accusés sont présents à l'audience. Six autres sont présumés morts en Syrie, ou détenu en Turquie pour l'un d'eux. Ils seront jugés par défaut.

Pour accueillir le procès, une salle d'audience a été spécialement construite à l'intérieur du palais de justice, à Paris
Pour accueillir le procès, une salle d'audience a été spécialement construite à l'intérieur du palais de justice, à Paris © Radio France / Valentin Pasquier

"L'audience criminelle est ouverte" : c'est par ces mots que le président, Jean-Louis Périès, a officiellement ouvert, ce mercredi 8 septembre, ce procès censé durer neuf mois. Le verdict est, pour l'instant, prévu pour le 25 mai 2022. Dans la salle d'audience principale étaient présents les quatorze accusés et leurs avocats, de nombreux avocats de parties civiles également et certaines victimes, survivants ou proches de personnes assassinées le 13 novembre 2015, pour qui il était symboliquement important d'être présent aujourd'hui. 

Abdeslam dans le box

Salah Abdeslam, principal accusé du procès, a pris place mercredi vers 12H45 dans le box des accusés, à quelques minutes de l'ouverture devant la cour d'assises spéciale de Paris de ce procès "historique".  Masque noir sur le visage, tee-shirt noir, le seul membre encore en vie des commandos qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés à Paris et Saint-Denis, s'est assis entouré de plusieurs membres des forces de l'ordre. 

"Monsieur Abdeslam levez-vous, veuillez décliner votre identité" demande le président du tribunal. Salah Abdeslam se lève, se démasque et déclare : "Tout d'abord, je tiens à témoigner qu'il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah, que Mohamed est son serviteur et son messager". Quand on l'interroge sur sa profession, il répond : "J'ai délaissé toute profession pour devenir un serviteur de l'Etat islamique".

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Sécurité renforcée

Dès l'aube ce mercredi matin, les forces de l'ordre déployées en nombre ont bouclé les accès à l'île de la Cité. L'accès à la salle d'audience se fait par l'arrière de l'ancien palais - ces grandes portes étaient fermées depuis les attentats du 13 novembre justement. On a vu arriver les escadrons de gendarmerie et des policiers patrouiller aux abords du palais avec des chiens renifleurs. 

Une fois entrée dans le palais, chaque personne qui souhaite accéder à la salle des pas perdus dans laquelle l'immense salle d'audience a été construite, doit passer des portiques de sécurité comme ceux existant dans les aéroports. 

Les accusés, eux, sont arrivés des quatre prisons de région parisienne où ils ont été regroupés avant l'été, accompagnés par des forces spéciales. Le GIGN a ainsi notamment été mobilisé. Ils ont ensuite accédé à la salle d'audience via un couloir dédié avant de s'installer dans le box pour 11 d'entre eux - les trois autres comparaissant libres. 

Très nombreux médias

Sans surprise au vu du nombre de médias accrédités pour cette audience - 141 dont 58 médias étrangers - les journalistes sont très nombreux, les premiers - dont France Inter - sont arrivés à l'aube devant le palais de justice. Les directs se tiennent dans toutes les langues. 

En raison de cette hypermédiatisation notamment, les parties civiles ont pu choisir entre deux cordons de couleur différente pour leur badge d'accès : vert pour celles qui sont disposées à répondre aux sollicitations de la presse, rouge pour les autres. 

Tous nos articles sur le procès des attentats du 13 novembre 2015 sont à retrouver ici.