Au procès des bonbonnes de gaz de Notre-Dame de Paris, 25 et 30 ans de prison ont été requis contre les deux principales accusées. La réclusion à perpétuité a été requise contre un homme présumé mort en Syrie.

Surveillance policière après la tentative d'attentat sur le parvis de Notre dame en septembre 2016
Surveillance policière après la tentative d'attentat sur le parvis de Notre dame en septembre 2016 © AFP / MIGUEL MEDINA

Des femmes présumées djihadistes comparaissent devant la cour d’assises spéciale antiterroriste à Paris depuis fin septembre. Elles sont jugées pour la tentative d’attentat aux bonbonnes de gaz, sur le parvis de Notre-Dame de Paris en septembre 2016. Les bonbonnes de gaz qu'elles avaient placées dans une voiture près de la cathédrale n'avaient jamais explosé. 

Les deux principales accusées de ce procès, Inès Madani et Ornella Gilligmann, encourent toutes deux la réclusion à perpétuité. Dans leur réquisitoire à deux voix, les avocats généraux ont souligné que "si les bonbonnes de gaz avaient explosé, il serait naturel de réclamer la réclusion à perpétuité. Si la question de la sanction se pose, c’est bien parce que l’action n’a pas été à son terme, mais du seul fait du hasard". 

Pendant de longues heures, les magistrats sont revenus sur le déroulé de ces attaques menées par ces femmes, auxquelles le groupe terroriste état islamique venait de reconnaître une légitimité à combattre. 

Ornella Gilligmann, mère de trois enfants, tombée amoureuse d’un faux profil djihadiste (derrière lequel se cachait en réalité Inès Madani) : "L’amour n’est pas une clause exonératoire", dit l'avocat général. 25 ans de réclusion sont réclamés contre elle. Inès Madani a 22 ans aujourd’hui. Elle en avait 19 ans quand a mis le feu à cette voiture remplie de bonbonnes de gaz. Le parquet requiert 30 ans de prison

"Le seul élément qui m’a poussé à ne pas réclamer la perpétuité, requiert l’avocat général, c’est son âge. Je ne peux pas ne pas espérer en l’être humain."

Premier réquisitoire du parquet national antiterroriste

Les magistrats se sont trouvés dans une posture délicate dans ce premier réquisitoire du parquet national antiterroriste aux assises. Faut-il croire au désengagement que revendiquent aujourd’hui ces jeunes femmes ou craindre leur dangerosité ? “Il faut faire preuve de beaucoup de modestie”, poursuivent-ils. "Nous ne pouvons pas prédire l’avenir. Dans cette idéologie, prévoir un désengagement de la violence relève de la gageure. Et une récidive en matière terroriste aujourd’hui, c’est commettre un attentat."

Le parquet national antiterroriste a par ailleurs requis des peines de quatre ans de prison avec sursis et cinq ans d'emprisonnement contre  deux autres personnes jugées pour "non-dénonciation de crime terroriste".  10 et 20 ans de réclusion ont également été réclamés à l'encontre de deux autres accusées. 

La perpétuité requise contre un absent

Une peine de réclusion à perpétuité a néanmoins été requise dans ce procès contre le grand absent de cette audience, pourtant omniprésent derrière ces attaques. Rachid Kassim, également jugé par la cour d'assises spéciale, est présumé mort dans un bombardement en février 2017 près de Mossoul (Irak). Mais en l'absence de confirmation officielle de son décès, la cour d'assises le juge néanmoins. 

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