Fin des débats, au procès de l’attentat raté des bonbonnes de gaz de Notre-Dame de Paris. La cour d'assises spécialement composée doit entendre les plaidoiries de parties civiles - deux associations de victimes de terrorisme et les policiers blessés lors de la seconde tentative d'attentat -, avant le réquisitoire.

Un gendarme garde les accès à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Image d'illustration.
Un gendarme garde les accès à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Image d'illustration. © AFP / Bertrand Guay

Avant la clôture des débats du procès de l'attentat raté des bonbonnes de gaz de Notre-Dame, la cour d'assises spécialement composée au tribunal de Paris a entendu longuement le psychiatre Daniel Zagury, qui a expertisé l'ensemble des accusées. 

Quand peut-on dire que quelqu’un de radicalisé ne l’est plus ?” interroge Daniel Zagury à la barre.  “C’est quand il commence à dire 'je'. Avant, ce sont des perroquets. Ils se sont mis dans un système qui pense pour eux et qui apaise leurs déchirements.

Le psychiatre, rôdé aux expertises judiciaires a notamment examiné les cinq accusées de ce procès qui encourent la réclusion à perpétuité. Chacune ont clamé, tout au long de ces trois semaines d’audience, n’avoir plus rien avoir avec l’idéologie djihadiste au nom de laquelle elles sont passées à l’acte. 

“Chacune accuse l’autre de l’avoir entraînée”

Je n’ai jamais eu une âme de terroriste”, insiste même Ornella Gilligman, qui, avec Inès Madani, a participé à l'attentat raté des bonbonnes de gaz. “J’ai honte pour toutes les victimes de terrorisme, mais aussi pour l’amalgame fait envers tous les Français musulmans.

Si la question de la taqqya, la dissimulation prônée par le groupe État islamique, n’a pas - et c’est chose rare dans une affaire de terrorisme - été un enjeu de ce procès, celle de la sincérité des accusées si. D’autant que les deux principales mises en cause se rejettent mutuellement l’initiative de cet attentat à la voiture piégée. “Chacune a voulu montrer à l’autre qu’elle était la plus grande djihadiste et aujourd’hui chacune accuse l’autre de l’avoir entraînée dans cette galère”, résume l’expert psychiatre.  

Jeudi après-midi, le parquet devra dire dans ses réquisitions s’il considère ou non les jeunes femmes comme revenues de l’idéologie mortifère du groupe État islamique. Quant à Daniel Zagury, il conclut : “C'est à partir du moment où le sort de la cuirasse islamiste qu'on peut commencer à l'aider”. 

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