Les victimes des attentats du 13 novembre 2015 ont eu l’occasion de découvrir la salle d’audience du procès à venir. Des visites qui sont aussi l’occasion d'en apprendre plus sur le déroulé de l'audience. Exceptionnellement, France Inter a pu suivre des survivants du Bataclan dans leur découverte des lieux.

Vue du banc des parties civiles dans la salle d'audience du procès du 13 novembre 2015
Vue du banc des parties civiles dans la salle d'audience du procès du 13 novembre 2015 © Radio France / Julien Michel

C’est leur moment avant le début du procès. Pendant trois jours, les 1800 parties civiles des attentats du Stade de France, des terrasses du 10e et 11e arrondissement et du Bataclan ont pu visiter la salle d’audience construite expressément pour ce procès. Un moment pour elles, entre elles. “Comme ça, on se familiarise avec les lieux au calme et entre nous, avant que ça démarre et que ça devienne beaucoup plus compliqué”, apprécie Stéphane, survivant du Bataclan. “J’ai beau être d’Ile-de-France, je ne connaissais pas le palais de justice. Et je ne pense pas être le seul à dire qu’on a un peu une aversion des lieux qu’on ne connaît pas désormais.

La solennité du lieu de  justice

Invitées à découvrir les lieux, les parties civiles ont donc d’abord pu observer les portiques de sécurité installés à l’arrière du palais - c’est par cette entrée que les victimes, les avocats et les journalistes accrédités accèderont à la salle - les panneaux d’affichages déjà installés. Et puis, au bout du long couloir, construite dans la salle des pas perdus de l’ancien palais : l’immense salle d’audience

Ce qui impressionne d’abord c’est la taille de la salle", constate Olivier Laplaud, vice-président de l’association de victimes Life for Paris. "La taille du box des accusés aussi”,  capable d’accueillir 26 personnes, accusés et escortes policières. "Il y a une profondeur dans cette salle. Heureusement, ce qui relativise un peu cette taille, ce sont les éléments de décoration choisis, avec beaucoup de bois.” “C’est très clair, très solennel”, renchérit Stéphane qui admire les deux statues anciennes laissées apparentes. “C’est très beau, tout ce travail qui a été fait, c’est quand même superbe”, approuve Sylvie. Survivante du Bataclan avec son mari, ils visitent les lieux ensemble. “J’ai réalisé que le procès aurait pu se tenir dans un hangar, un amphithéâtre ou une salle de spectacle”, poursuit Thomas à ses côtés. “Et là, je pense que ça n’aurait pas été possible”.

Des bancs en bois à la barre des témoins

Pendant deux heures, les parties civiles ont ainsi pu observer cette enceinte dans laquelle les débats vont se dérouler huit mois durant, identifier les bancs en bois qui leur seront réservés. Elles ont également pu en apprendre un peu plus sur l’organisation et le déroulé de ces débats. “C’est la première fois qu’on se projette, finalement”, analyse Olivier Laplaud de Life for Paris. “On voit comment ça va se passer concrètement et pas seulement en théorie”. “Aujourd’hui, il ne s’agissait pas juste de voir les lieux mais aussi de nous informer. Et on sent une prise en compte des parties civiles, on est bien accompagnés et bien guidés”, apprécie encore Stéphane.

Pour Sylvie, par exemple, c’est la prise de conscience de l’emplacement de la barre, “en amont par rapport au box”. Ce qui revient à témoigner “avec les accusés derrière soi. Et ça, avoir la représentation de la menace derrière soi, ça rappelle quand même quelque chose.” 

En quittant la salle, les parties civiles ont également pu récupérer leur badge d’accès à la salle d’audience et aux différentes salles de retransmission. Un badge dont elles ont pu choisir la couleur : vert si elles acceptent d’être sollicitées par les médias, rouge dans le cas contraire.