Les ex-gradés de la BRI ont été reconnus coupables jeudi de viol en réunion sur une touriste canadienne en avril 2014, dans les bureaux de la PJ parisienne. Ils vont faire appel.

Deux ex policiers du 36 quai des Orfèvres ont été reconnus coupables du viol en réunion d'Emily Spanton
Deux ex policiers du 36 quai des Orfèvres ont été reconnus coupables du viol en réunion d'Emily Spanton © Maxppp / IP3 / Alexis Sciard

Avant-même l’énoncé du verdict, les accusés sont déjà en larmes. Après huit heures de délibéré, ils ne croient plus à l’acquittement. Quand la sentence tombe, Antoine Q. et Nicolas R. restent comme hébétés. Un mouchoir froissé dans la main, Emily Spanton esquisse un signe de croix.

Sept ans d’emprisonnement : la peine prononcée est la même que celle requise mercredi par l’avocat général, Philippe Courroye. Dans ses motivations, la cour d’assises de Paris rappelle la constance avec laquelle la Canadienne a décrit les relations sexuelles imposées, cette nuit d'avril 2014, par "plusieurs individus" sous la "contrainte physique", et dans un "contexte d’alcoolisation", au 5e étage du célèbre 36 Quai des Orfèvres. La partie civile présente également depuis les faits des troubles post-traumatiques relevés par les experts, qui ont écarté l’hypothèse d’une personnalité mythomane. Les analyses ADN et plusieurs SMS découverts par les enquêteurs ont également pesé, comme celui envoyé par l’un des accusés à un collègue : "Ça est une touzeuse, dépêche (sic)". Il y a aussi ce message, entre deux autres fonctionnaires : "Antoine, Nico et Gamin ont monté une gonzesse au 36 pour la fourrer. Sauf qu’elle a déposé plainte pour viol".

Alors que les accusés ont sans cesse clamé leur innocence, qu’ils ont invoqué des rapports sexuels consentis, les jurés ont jugé leur version "évolutive, fantaisiste, peu crédible".

Vers un second procès

"C’est une erreur judiciaire. Nous allons faire appel", a annoncé Anne-Laure Compoint, avocate de l’un des deux policiers, en dénonçant en justice "partiale".

Tout au long de ces deux semaines et demie de procès, la défense a tenté de montrer qu’il s’agissait d’une parole contre une autre, et que celle de la partie civile était sujette à caution, fragilisée par certains témoignages. La tenue, les addictions, la vie sexuelle d'Emily Spanton ont été longuement évoquées à l'audience.

"On a voulu polluer les débats en empiétant, en enquêtant sur la vie privée d’une femme, sans se demander si elle était consentante", a réagi Mario Stasi, l'un des conseils de la partie civile. "La cour a répondu qu’on pouvait avoir embrassé un homme à 8h et se faire violer par cet homme à 23h si on n’a pas donné son consentement."

Les deux policiers, qui comparaissaient libres, ont quitté la salle d’audience menottes aux poignets. Ils seront également inscrits au fichier des délinquants sexuels.

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