Claude Hollard avec le portrait de sa femme lors procès des surirradies d'Épinal au Palais de justice de Paris
Claude Hollard avec le portrait de sa femme lors procès des surirradies d'Épinal au Palais de justice de Paris © MaxPPP/Alexandre Marchi

Deux anciens médecins de l'hôpital d'Epinal et un radiothérapeute comparaissent à Paris à partir de mercredi pour homicides et blessures involontaires. Ils avaient été condamnés en janvier 2013 à 18 mois d'emprisonnement ferme, au terme du procès du plus grave accident de radiothérapie recensé en France.

Entre 2001 et 2006, au cours de deux dysfonctionnements différents, près de 450 patients de l'établissement traités pour des cancers de la prostate ont été victimes de surdoses de radiation. Douze en sont morts et les autres souffrent de graves séquelles du système urinaire et anal. Le radiothérapeute et les deux médecins ont fait appel de leur condamnation mais le parquet a également fait appels, ce qui permet éventuellement d'alourdir leurs peines.

Environ 70 parties civiles sont attendues à Paris pour le premier jour d'audience, même si trois ou quatre seulement devraient assister à l'intégralité des débats. Comme en première instance seront retransmis en direct et en totalité dans une salle du tribunal d'Epinal.

"Prets pour la bagarre"

"Pour les victimes, c'est toujours une épreuve de témoigner" explique Jean-Claude Larcier, 67, l'un des surriradiés, auteur d'un livre "le Scandale des surirradiés d'Epinal " paru aux Editions Gérard Louis

Témoigner est très difficile comme d’entendre que les prévenus ont tout bien fait

Philippe Stäbler, président de l'Association des victimes des surirradiés de l'hôpital d'Epinal, qui regroupe 212 membres, se dit "fin prêt pour la bagarre", et "n'attend rien des prévenus". "On n'a rien eu de leur part en première instance, à part une compassion de façade, alors je ne vois pas pourquoi ça changerait en appel", lance-t-il.

Philippe Staebler, Président de l'Association des victimes de surirradiation de l'Hôpital d’Epinal

On va repartir à la bagarre, plus déterminés que jamais

Les procédures de sécurité ont été améliorées depuis cette catastrophe

Seule consolation pour Jean-Claude Larcier, "notre accident a considérablement amélioré les procédures de sécurité en radiothérapie". Car même s'il ne garantirait pas "que ça ne pourrait pas se reproduire (...) la bonne nouvelle, c'est que depuis les accidents d'Epinal, le nombre de radiophysiciens a quasiment doublé, en passant de 300 à plus de 500".

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