Ilich Ramírez Sánchez (Carlos)
Ilich Ramírez Sánchez (Carlos) © Radio France

Le procès en appel de "Carlos" s'ouvre aujourd'hui à Paris dans un contexte défavorable, selon sa défense, qui dénonce des tentatives de "sabotage" au plus haut niveau de l'Etat vénézuélien après la mort d'Hugo Chavez, soutien du "Chacal".

Condamné en décembre 2011 à la réclusion à perpétuité avec une période de sûreté de 18 ans pour quatre attentats qui avaient fait onze morts et près de 150 blessés en 1982 et 1983, Ilich Ramirez Sanchez, né le 12 octobre 1949 à Caracas, nie les faits qui lui sont reprochés. Il est actuellement incarcéré à la maison centrale de Poissy dans les Yvelines.

Ecoutez le reportage de Sara Ghibaudo

L'un de ses avocat, Francis Vuillemin déclare:

On est face à un grave problème à la suite de la disparition d'Hugo Chavez, qui était un soutien inconditionnel d'Ilich Ramirez Sanchez. Une partie des hauts fonctionnaires vénézuéliens fait tout pour saboter sa défense. On n'a pas les conditions matérielles qui étaient prévues pour que sa défense puisse se tenir décemment.

Aucun porte-parole de la présidence ni du ministère des Affaires étrangères du Venezuela n'était disponible dans l'immédiat. Hugo Chavez, qui a succombé début mars à un cancer, ne cachait pas sa proximité avec "Carlos", qu'il qualifiait de "bon ami" et saluait comme un "digne" combattant des causes révolutionnaires. Dernier soutien de cette icône déchue de l'extrême gauche armée, il avait demandé, lors de son procès en première instance, à ce que ses droits soient respectés.

Les frais de défense de l'ancien ennemi public n°1 des années 1970 et 1980, qui a demandé son transfèrement vers son pays natal, devaient être pris en charge par le Venezuela, assure Me Francis Vuillemin.

Mais depuis la mort du fondateur de la "Révolution bolivarienne", à qui son dauphin désigné Nicolas Maduro a succédé en avril, "cette prise en charge par l'Etat vénézuélien est bloquée", dit l'avocat, qui ne met toutefois pas en cause l'actuel président.

Francis Vuillemin poursuit:

On ne sait pas ce qui va advenir lundi, les cartes sont entre les mains des autorités vénézuéliennes. Nous appelons ces autorités à demeurer fidèles à ce qui a toujours été l'engagement d'Hugo Chavez envers son compatriote vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez.

Une première condamnation à perpétuité

Une quinzaine d'avocats, français, mais aussi libanais, grec, suisse, ou encore allemand, doivent assurer la défense de cette figure du terrorisme international, a indiqué Me Francis Vuillemin, évoquant, entre autres frais, transport, hôtel, etc. "Je ne parle même pas des honoraires", a-t-il précisé. Dans ces conditions, l'avocat n'a pas voulu se prononcer sur la stratégie qui sera adoptée par la défense de "Carlos" en appel.

En première instance, elle avait mis en cause l'authenticité de plusieurs pièces du dossier constitué par l'ancien magistrat antiterroriste Jean-Louis Bruguière. "Carlos" est jugé une seconde fois en France où il est emprisonné depuis 19 ans. Remis à la France par le Soudan en août 1994, il purge une condamnation à perpétuité prononcée en 1997 pour les assassinats de deux policiers français de la DST et leur informateur, en 1975 à Paris.

Il répond dans le dossier jugé à partir de lundi de quatre attentats qui ont fait onze morts et près de 150 blessés en 1982 et 1983 : ceux du 29 mars 1982 contre le train Capitole Paris-Toulouse, du 22 avril 1982 rue Marbeuf à Paris devant le siège du journal El Watan, et du 31 décembre 1983 dans un TGV près de Tain-l'Hermitage et à la gare Saint-Charles de Marseille.

Durant son procès en première instance, l'accusé, qui s'est décrit comme un "révolutionnaire professionnel", a dit "assumer la responsabilité politique et militaire" de certains attentats, mais pas de ceux jugés, qu'il impute à d'autres groupes. "Carlos" dirigeait un groupe d'activistes d'extrême gauche qui fut soutenu, armé et hébergé, on le sait aujourd'hui, par le bloc communiste d'Europe de l'Est, notamment la RDA, la Hongrie et la Roumanie, mais aussi protégé par la Syrie, l'Irak, le Yémen.

Il s'est fait connaître dans le monde entier avec l'enlèvement en décembre 1975 à Vienne de onze ministres de l'Opep à la tête d'un commando.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.