Après un renvoi de 48 heures du fait de la grève des avocats, le procès des époux Fillon et de Marc Joulaud pour détournement de fonds publics s'est ouvert devant le tribunal correctionnel de Paris. Les prévenus, dont les avocats ont déposé deux questions prioritaires de constitutionnalité, encourent dix ans de prison.

Le procès de François et Penelope Fillon a débuté mercredi par l'examen d'arides points de procédure soulevés par la défense
Le procès de François et Penelope Fillon a débuté mercredi par l'examen d'arides points de procédure soulevés par la défense © AFP / Martin BUREAU

C'est par l'examen de deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) que s'est ouvert le procès de François et Penelope Fillon ainsi que de l'ancien suppléant au poste de député, Marc Joulaud. Pas beaucoup d'originalité à cela, s'est d'ailleurs empressé de rappeler le parquet national financier : “Que serait un grand procès pénal sans question prioritaire de constitutionnalité ?”, interroge-t-il d'emblée, suscitant les rires dans la salle d'audience comble. Donnant également le ton de l'accusation pour les trois semaines à venir. 

En guise de préliminaires, donc, deux QPC, portées par Me Antonin Levy, avocat de François Fillon et Me Pierre Cornut-Gentille pour la défense de Penelope Fillon. Le face à face est technique, il y est, en gros, question de séparation des pouvoirs, de statut des parlementaires, en tant que chargés, ou pas, d’une mission de service public. Il y est aussi question de délai de prescription. Mais si le débat est aride, donc. Il n’en est pas moins mordant. 

Fourbir les armes

Derrière les trois prévenus, assis côte à côte sur les strapontins qui leur sont dévolus, leurs défenseurs dénoncent la “promptitude” à ouvrir une enquête dans ce dossier, puis à saisir des juges d’instruction “un samedi !”, quand, dans le cas de Richard Ferrand, qui a fait l'objet d'une enquête diligentée par le parquet de Brest par exemple, le parquet national financier “n’a pas bronché”, plaide l’avocat de Penelope Fillon.  

À l'autre bout du prétoire, les procureurs répliquent, se disant “trop naïfs d’avoir pensé que la stratégie de victimisation de la défense connaîtrait une petite pause”. 

Puis, quand l’avocat de François Fillon cette fois, s’étonne de “voir le parquet remettre de la politique dans ce dossier", l’accusation n’hésite pas  à invoquer l’Ancien régime, ce temps “où le détournement de fonds publics était un crime, puni de la peine de mort par pendaison”. 

Bref, ces deux heures d’audience ont surtout servi à fourbir les armes et asseoir la volonté de chaque camp de se battre pied à pied. Pendant les interventions des procureurs financiers, François Fillon, qui a demandé à pouvoir disposer d’une tablette pour écrire, avait d’ailleurs commencé à prendre des notes. Son premier interrogatoire pourrait avoir lieu dès demain. 

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