Le procès de la mère et du beau-père de Fiona, 5 ans, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises de Riom. Le corps de l'enfant, morte sous les coups, n'a jamais été retrouvé.

Le procès de la mère de la petite Fiona et de son ex-compagnon s'est ouvert lundi matin devant la cour d'assises du Puy-de-Dôme
Le procès de la mère de la petite Fiona et de son ex-compagnon s'est ouvert lundi matin devant la cour d'assises du Puy-de-Dôme © AFP / Thierry Zoccolan

Au procès de la mère et du beau-père de Fiona devant les assises du Puy-de-Dôme la première journée a été consacrée à la personnalité de Berkane Makhlouf et la deuxième à celle de sa mère. Les deux sont accusés de violences volontaires ayant entraîné la mort, sans intention de la donner.

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La fillette avait été déclarée disparue dans un parc de Clermont-Ferrand, en mai 2013. Avant que le couple n’avoue, quatre mois plus tard, sa mort sous les coups. Le corps de la petite fille n’a jamais été retrouvé. Ni Berkane Makhlouf ni Cécile Bourgeon ne reconnaissent cependant avoir porté de coup mortel ; une position qu’ils ont réitéré à l’ouverture des débats.

Après avoir entendu le parcours très chargé du beau-père, décrit par plusieurs témoins comme toxicomane, paranoïaque et violent. La cour s'est penchée mardi sur la personnalité de la mère, Cécile Bourgeon.

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Cécile Bourgeon est méconnaissable, le visage bouffi, les traits figés. Lundi, elle est restée sans réaction, à l’écoute du parcours de vie torturé de son ancien compagnon, marqué par la drogue et la violence. Deux ex petites amies de Berkane Makhlouf ont raconté l’emprise qu’il avait eue sur elles. "Il est comme un vampire qui vous vide de toute substance, j’ai vécu un enfer" dit l’une. Des femmes humiliées, frappées, par un homme maladivement jaloux, paranoïaque, aux crises de colère imprévisibles.

Ces témoignages servent la défense de Cécile Bourgeon : la jeune femme s’est en effet toujours décrite comme étant, elle aussi, sous l’emprise de Berkane Makhlouf, impuissante à l’empêcher de frapper sa fille. L’accusation et les parties civiles soutiennent plutôt l’hypothèse de maltraitances commises à deux, dans une relation de couple fusionnelle. A l’audience, Berkane Makhlouf a d’ailleurs défendu lundi l’innocence de son ex compagne, "une femme extraordinaire" qu'il dit "aimer encore". Il l’accusait pourtant dans le bureau du juge d’avoir frappé Fiona.

Cécile Bourgeon a évoqué mardi ses diverses tentatives de suicide en prison pour "rejoindre" sa fille explique-t-elle. La mère de Fiona dit qu’elle se sent coupable de ne pas avoir su protéger sa fille. Et "aussi" de sa mort qui serait un "accident" mais pour lequel elle ne donne toujours aucune précision.

Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf ont-ils passé un pacte de non agression ?

C’est le sentiment que peuvent donner les deux premières journées du procès. Aucun des deux ne reconnaît avoir porté de coup mortel à Fiona. Et aucun ne semble vouloir accuser l’autre. Berkane Makhlouf s’est écrié que ni Cécile, ni lui n’étaient des assassins.

La mère de Fiona a laissé échapper mardi que la mort de sa fille serait due à un accident. Interrogée de manière insistante sur les coups reçus par son compagnon, l’accusée est restée mutique. Dans le box, la jeune femme a tout juste consenti à montrer où se trouvaient ces traces de coups.

Si ce n’est ni l’un, ni l’autre, si c’était un accident, alors pourquoi avoir caché le corps de l’enfant ? La prise de drogue a-t-elle pu abîmer leur mémoire, au point d’oublier le lieu où ils l’ont enterrée ? Cécile Bourgeon affirme qu’elle a tout tenté pour se souvenir, en vain. Berkane Makhlouf, hébété par les médicaments, ne devrait guère être plus lucide.

Les avocats des parties civiles vont pourtant tenter de fissurer ce bloc de déni. Le procès de la mère et du beau-père de la petite Fiona entre mercredi dans sa partie centrale : l’examen des faits. Leurs versions vont donc être confrontées

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