Au quatrième jour du procès Fiona, aux Assises de Riom (Puy-de-Dôme), la Cour a entendu ce jeudi Berkane Makhlouf, co-accusé de la mort de la fillette de 5 ans en 2013.

Quatrième jour d'audience insoutenable au procès de la mort de Fiona
Quatrième jour d'audience insoutenable au procès de la mort de Fiona © AFP / Thierry Zoccolan

Insoutenable et bouleversant: la salle d'audience du Palais de Justice de Riom retient son souffle, pendant que Berkane Makhlouf, l'ex-compagnon de Fiona Cécile Bourgeon, fait le récit à la barre cette nuit du 12 mai 2013 où il a retrouvée morte la fillette de 5 ans. Makhlouf a retrouvé une élocution plus claire, plus spontanée, lui qui les jours précédents ânnonait ses réponses. Il raconte la soirée, Fiona malade mais finalement endormie, le couple qui prend de la cocaïne, "on était perchés". Au matin, le corps prostrée, en position fœtale, de Fiona, impossible à réanimer. "Cécile, il y a un problème, je crois que Fiona ne va pas bien", appelle-t'il, lui qui revit la scène, 3 ans et demi plus tard dans cette salle d'audience de Riom. Il décrit "un cauchemar".

Moment de vérité

A n'en pas douter, il s'agit bien là d'une premier moment de vérité, dans ces quatre jours de procès frustrant et chaotique

Mais pour autant, cela ne nous dit rien, ou pas grand-chose, sur les causes de la mort de Fiona, pour laquelle Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf sont co-accusés et risquent 30 ans de prison.

Quelques mots, tout de même, qui ouvrent sur la suite de la tragédie, la dissimulation du corps de la fillette: avant d 'être coupé dans son récit par le Président, l'ex-beau père s’était souvenu: "J'ai dit à Cécile: 'qu'est ce qu'on va faire, Fiona est morte, ils vont nous enlever les enfants'", évoquant la petite sœur et le frère à naître.

"On craignait une enquête sociale"

Quand on lui demande pourquoi il n'a pas appelé les pompiers, il explique: "Il y avait les plans de cannabis, on avait consommé de la drogue, on craignait une enquête sociale". Puis le choix de cacher le cadavre, de l'emporter dans un sac pour aller l'enterrer dans un endroit qu'ils n'ont encore jamais pu révéler: "on a pris cette décision parce qu'on avait peur. "C'était pas organisé", croit bon de préciser Cécile Bourgeon.

La suite de l'audience du jour ne sera qu'un interrogatoire difficilement soutenable, un mur de questions fermées assénées par le Président qui ne récolte plus que des réponses par "oui" ou par "non" des deux co-accusés. Les détails les plus macabres, le choix du sac, la terre dure creusée avec une pelle sans manche, la profondeur du trou, les branchages déposés par-dessus pour effacer les traces...

La salle est bouleversée. Le père de Fiona, sur le banc des parties civiles, n'a qu'une hantise, formulée par son avocat: que le corps de sa fille, à défaut d'avoir pu être retrouvé, n'ait fini "à la décharge, parmi les ordures". Le Président tente de le rassurer: la décharge a été fouillée, sans succès.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.