Ce jeudi, un ancien voisin de cellule de Francis Heaulme a relaté des conversations échangées en prison.

Le dessinateur d'audience Benoit Peyrucq a travaillé sur le procès de Francis Heaulme
Le dessinateur d'audience Benoit Peyrucq a travaillé sur le procès de Francis Heaulme © AFP / Jean Christophe VERHAEGEN

Il s’appelle Francis, comme l’accusé. Les deux hommes étaient détenus en même temps, à la maison d’arrêt de Metz, en 2002. Francis Heaulme toque à son mur, lui parle à la fenêtre. Les deux hommes se lient d’amitié, partagent les mêmes activités. Francis Heaulme lui fait passer des mots écrits sur des bons de cantine, lui demande de regarder une émission sur Patrick Dils à la télé.

Puis il se confie à lui : des enfants qui lui ont jeté des cailloux, il est monté sur le talus, "on en a attrapé deux", il en a frappé un avec une pierre, et "baissé le froc du plus grand.". Les deux enfants sont morts, lui dit-il, il a jeté son pantalon ensanglanté. Le co-détenu ne peut pas garder ça pour lui, même si, dit-il, "je ne suis pas une donneuse".

"J'ai pensé à mes enfants"

Il écrit au procureur de la République. "J’l'ai fait en pensant à mes enfants, si ça m’arrivait, je voudrais savoir comment ils sont morts. J’aurais préféré qu’il m’en parle pas", raconte-t-il.

Le président interroge Francis Heaulme :

"- Vous connaissez ce monsieur ? - C’est la première fois que je le vois", répond l’accusé.

Echecs ou dames ?

Le témoin, qui est aujourd'hui libre, reprend. "Je me demande pourquoi il ment, on faisait des agrafes ensemble, on jouait aux échecs, il me mettait volée sur volée, il mémorisait 7 à 10 coups d’avance, il a une mémoire phénoménale".

Heaulme, d’une voix morne : "J’ai jamais joué aux échecs, je joue aux dames". Les jurés regardent les petits papiers jaunes griffonnés par les deux hommes. Francis Heaulme reconnaît sa propre écriture.

"Pourquoi vous lui avez écrit de regarder l’émission sur Dils ?" demande un avocat. Silence de Francis Heaulme. "Je sais pas". Avant d’enchaîner sur cette réponse surréaliste : "J’ai pas écrit à Patrick Dils".

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