Moment fort dans ces derniers jours du procès de Francis Heaulme, pour le double meurtre de Montigny-Lès-Metz, lors d'un échange entre l'accusé et la mère d'une des deux victimes.

Chantal Beining, mère du petit Cyril; et son avocate, au procès de Francis Heaulme, jugé pour le double meutre de Montigny-Lès-Metz
Chantal Beining, mère du petit Cyril; et son avocate, au procès de Francis Heaulme, jugé pour le double meutre de Montigny-Lès-Metz © Maxppp / Alexandre MARCHI

Ce lundi après-midi a marqué un moment fort des audiences, alors qu’on approche de la fin du procès de Francis Heaulme, jugé dans le cadre du double meurtre de Montigny-Lès-Metz. L’avocate de Chantal Beining, la mère de Cyril, a tenté de faire parler l’accusé. Habilement, Dominique Boh-Petit a tenté de construire un pont entre la victime et l’accusé, en pariant sur l’empathie.

On pense que c’est fini, qu’il ne sortira plus rien de ce procès mal mené. A la barre, l’accusé s’est refermé comme une huître, il refuse de répondre à la moindre question du président. Maitre Boh-Petit tente sa chance. A Francis Heaulme, elle parle de sa mère, dont il il n’a toujours pas fait le deuil. : "Madame Beining, c’est pareil", dit elle doucement, "elle non plus, elle n’a pas fait le deuil de son fils". Chantal Beining est assise tout près, juste derrière lui.

"Vous l’avez entendue vendredi, vous avez entendu comme elle pleurait". "Oui", dit il d’une voix nette. "Ça m’a touché, oui, beaucoup." Il articule avec difficulté. "J’ai beaucoup d’estime pour Madame Beining." Francis Heaulme retourne son grand corps vers elle, plante ses yeux dans les siens :

Je suis franc, je vous le dis, j’ai pas touché votre fils, ni le petit Alexandre

Le temps est suspendu, Chantal Beining est en larmes. Francis Heaulme a l’air désolé, les bras ballants, avec un visage qu’on ne lui avait jamais vu, explique Dominique Boh-Petit : "On dit : il est incapable de comprendre, incapable de s'expliquer... Je ne crois pas. Un être humain, quel qu'il soit, même Francis Heaulme, on doit pouvoir trouver un terrain pour parler avec lui. C'est ce que j'ai tenté de faire.... Je crois qu'un procès d'assises devrait permettre de libérer la parole de tout le monde, et notamment la parole de l'accusé."

Francis Heaulme fait non de la tête, et dit : "j’ai commis des meurtres que j’ai reconnus. Je paie pour ça. Mais tuer deux enfants... non". ll se tait. Me Boh-Petit lui demande de réfléchir, "il reste encore demain", lui dit-elle.

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