Qui aurait pu croire que l'affaire de Montigny-lès-Metz connaîtrait encore des rebondissements, 27 ans après les faits ?

Henri Leclaire, témoin au procès de Francis Heaulme
Henri Leclaire, témoin au procès de Francis Heaulme © Maxppp / MaxPPP

Les familles de Cyril et Alexandre, tués ce dimanche de septembre 1986, ont déjà du vivre la mise au jour de l'innocence de Patrick Dils, qu'elles avaient tenu pour le coupable 15 ans durant, l'arrivée du tueur en série Francis Heaulme dans l'affaire, et désormais l'éventualité d'un complice en la personne d'Henri Leclaire.

Et pour étayer cette piste du troisième homme, ce sont deux témoins surprises qui sont venus bouleverser le planning d'audience. Dernière en date, l'épouse d'un avocat en droit social de Metz, Marie-Christine Blindauer dont l'audition la semaine dernière est édifiante.

Procès-verbal d’audition de Marie-Christine Blindauer, le 29 mars 2014 à 16h30

“Un jour, Henri Leclaire est venu chez moi en fin de soirée 18 heures ou 19 heures me livrer mes courses. Elles étaient plus importantes que d’habitude. Il est donc rentré chez moi dans la cuisine de notre appartement. J’étais seule à la maison. Je l’ai trouvé sympathique, souriant, affable. Je lui ai demandé comment ça allait et il m’a répondu qu’il n’était pas très bien, à cause de l’affaire à Montigny, il m’a dit qu’il était mis en cause depuis plusieurs années dans cette affaire et qu’il était accusé injustement (...) J’ai alors pensé qu’il était victime d’un erreur judiciaire d’après ses propos. Une fois qu’il m’a dit tout ça, je lui ai expliqué que je travaillais au cabinet de mon mari en tant que clerc d’avocat. (...) Il a commencé par me dire: “ce n’est pas moi qui ai tué les enfants”. (...) J’étais de moins en moins à l’aise dans la conversation car son ton montait, il devenait rouge, il transpirait à grosses gouttes. J’avais du mal à comprendre pourquoi il avait été impliqué. Il m’a dit qu’en fait il était sur les lieux ce jour-là. Il m’a expliqué que dans l’entreprise « on » en avait marre, il m’a parlé d’une deuxième personne je ne sais pas si c’était un collègue de travail. Il m’a fait comprendre que ces gamins gênaient leur travail. Il m’a parlé d’une histoire de bennes, j’ai cru comprendre que c’était des poubelles avec du papier. Il m’a raconté ce que faisait les gosses mais je ne m’en souviens pas. Il criait et gesticulait comme s’il se trouvait devant les gosses. Il levait les mains, comme s’il s’adressait aux gosses, il m’a dit qu’il leur avait couru après, il m’a dit qu’il revivait la scène, il était furieux en parlant et il le disait, il a bien insisté sur le fait qu’il était excédé par ces gosses. Il a fait le geste en levant les deux mains. Il a dit qu’il les avait attrapés, il mimait la scène, il était en transe, il était rouge, il faisait peur. On avait en permanence l’impression qu’il revivait la scène.

"Il m'a fait peur": Christine Blindauer, nouveau témoin

Au vu de ce nouveau témoignage, le président Gabriel Steffanus, a choisi de bouleverser le planning de l'audience.

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Un nouveau témoin s'était porté à la connaissance du président. Cet ancien cheminot affirme avoir vu à proximité des lieux du crime, le long de la voie ferrée de Montigny-les-Metz.

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