En 2007, Francis Heaulme avait bénéficié d'un non-lieu, faisant de l'affaire de Montigny-lès-Metz un crime "sans coupable" après l'acquittement de Patrick Dils en 2002.

Francis Heaulme à la cour d'assises de la Moselle le 25 avril 2017
Francis Heaulme à la cour d'assises de la Moselle le 25 avril 2017 © Maxppp / Alexandre Marchi

Ce vendredi, au procès de Francis Heaulme, après les policiers, deux anciens juges de l’affaire de Montigny sont venus à la barre. Dans cette affaire hors normes, ils avaient rendu un non-lieu en faveur de Francis Heaulme, en 2007. Un non-lieu ensuite annulé en appel, avant que le tueur en série ne soit finalement renvoyé devant les assises. Mais pourquoi la justice avait-elle estimé à l’époque qu’il n’y avait pas assez de charges ? Retour sur ce qui s'est passé il y a dix ans.

Après l’acquittement de Patrick Dils en 2002, le double meurtre de Montigny-lès-Metz commis en 1986 n’a plus de coupable. Des indices désignent Francis Heaulme, dont la présence à proximité est avérée le jour du crime. Une enquête préliminaire est ouverte, Heaulme est entendu quatre ans plus tard, et le non-lieu est rendu en 2007. "Il y avait des éléments troublants", explique à la barre l’ancien procureur de Metz, Joel Guitton, "mais pas de charges suffisantes".

Un dossier déjà trop vieux

La justice a-t-elle bien fait son travail, après sa monumentale erreur envers Patrick Dils ? L’ex-juge d’instruction, Thierry Montfort, se défend. Le jour de la reconstitution sur les lieux du crime, "il pleuvait, Heaulme ne reconnaissait rien, tout le monde avait froid..."

En audition, il était très évasif, comme si ça ne le concernait pas. C’est une personnalité très spéciale.

Son ordonnance de non-lieu est un copié-collé du réquisitoire, à la virgule près. Dominique Boh-Petit, l’avocate de la mère de Cyril, se lève : "vous vous souvenez d’avoir reçu Mme Beining ? Vous lui avez dit, votre dossier, c’est trop vieux, il ne va rien se passer, en tout cas moi je ne vais rien faire. Elle était en larmes dans votre bureau !" Le juge dément mollement : "non, je ne pense pas". Chantal Beining est assise juste derrière le juge Montfort. Sans elle, tout aurait pu s’arrêter là dans l’affaire de Montigny-lès-Metz : c’est elle qui a fait appel du non-lieu.

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