La police scientifique examine la voiture d'Aurélie Fouquet
La police scientifique examine la voiture d'Aurélie Fouquet © MaxPPP

Six ans après les faits, les neuf suspects du meurtre de la policière municipale Aurélie Fouquet sont jugés aux assises de Paris depuis ce matin. Parmi eux le très médiatique Rédoïne Faid, considéré comme l'organisateur de ce braquage avorté. Un procès avec d'importantes mesures de sécurité, en raison des risques d'évasion.

Le 20 mai 2010 une course poursuite entre braqueurs et forces de l'ordre tourne à la fusillade meurtrière dans le Val de Marne. Appelée en renfort Aurélie Fouquet, une policière municipale de 26 ans est tuée par les malfaiteurs.

Leur objectif, ce 20 mai 2010, était de braquer un fourgon blindé. Mais un contrôle routier va compromettre leur plan. Sur la carrosserie de la camionnette des braqueurs, deux trous qui ressemblent à des impacts de balles. Dès qu'ils aperçoivent les policiers, les malfaiteurs prennent la fuite. S'engage une course poursuite sur 13 kms d’autoroute. 10 minutes plus tard, Aurélie Fouquet et son coéquipier arrivent en renfort à Villiers sur Marne. Ils tombent nez à nez avec les braqueurs qui ouvrent aussitôt le feu. 24 tirs atteignent le véhicule des policiers municipaux dont 15 dans le pare-brise. Aurélie Fouquet succombe à ses blessures dans la soirée.

Une famille qui attend depuis six ans

"On espère des réponses", a dit à son arrivée Elisabeth Fouquet, la mère de la policière de 26. "C'est capital, capital pour nous, pour son petit (garçon désormais âgé de six ans, ndlr), pour toute la famille". Elle a dévisagé tous les accués, lorsqu'ils sont entrés dans le box.

Le récit de Nathalie Hernandez

33 jours d'audience sont prévus avec une centaine de témoins, 25 experts. Tous les accusés risquent la perpétuité.

Redoine Faïd de retour dans le box

Le braqueur avait écumé les médias à l'époque et se présentait comme un repenti. Il est rangé des voitures dit-il. Au moment des faits il est en liberté conditionnelle. Rédoine Faïd est arrêté un an plus tard en juin 2011 dans une autre affaire d'attaque à main armée. Dans ce procès il n’est pas accusé de meurtre mais d’être l'organisateur du braquage avorté dans le Val de Marne.

Une vidéo surveillance le montre la veille au volant de l'un des trois véhicules utilisés par les malfaiteurs. Son avocat Christian Saint Palais estime que son client n'a rien à faire aux assises.

Il n’y a pas d’élément matériel établissant sa culpabilité, personne ne le met en cause, son ADN n’est retrouvé nulle part. Et pourtant parce qu’il a un casier, les charges ne sont pas abandonnées contre lui.

En 2010, Redoine Faïd avait rédigé un livre d'entretiens avec le journaliste Jérôme Pierrat, "Braqueur, des cités au grand banditisme". Trois plus tard, il refait la une des journaux avec son évasion spectaculaire de la prison de Sequedin dans le Nord. Redoine Faïd se fait cueillir six semaines plus tard dans un hôtel de Pontault-Combault en Seine et Marne.

Neuf hommes doivent être jugés par la cour d'assises de Paris. Trois hommes sont directement accusés du meurtre d'Aurélie Fouquet et risquent la réclusion criminelle à perpétuité. Les six autres, pour la plupart des récidivistes, sont jugés pour une longue liste de crimes et délits, allant de l'association de malfaiteurs à la détention illégale d'armes.

Les suspects ont été identifiés grâce aux traces ADN et parfois des images de vidéosurveillance, aucun n'a reconnu sa participation dans le braquage. Redoine Faïd a dit être "attaché commercial" au président de la cour d'assises. Les autres accusés se sont présentés comme "boxeur" ou encore "auto-entrepreneur dans le bâtiment".

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