Ce fait divers avait bouleversé la France entière en novembre 2013, lorsque le corps d'une petite fille de 15 mois avait été retrouvé sur la page de Berck (Pas-de-Calais).

 Fabienne Kabou n'a toujours pas compris le verdict
Fabienne Kabou n'a toujours pas compris le verdict © AFP / Benoît PEYRUCQ

Il avait fallu neuf jours pour identifier et retrouver la mère de l'enfant, grâce aux images de vidéo surveillance de la garde du Nord. On avait alors découvert que l'enfant, prénommée Adélaïde, n'avait jamais été déclarée à l'état civil.

Fabienne Kabou a été condamnée, en juin 2016, à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son enfant, en la déposant sur la plage à la marée montante. Le jury de la cour d'assises de Saint Omer avait retenu une "altération de son discernement" au moment des faits. Plusieurs psychiatres avaient diagnostiqué chez elle une psychose délirante.

Aujourd'hui âgée de 40 ans, elle est en prison depuis bientôt quatre ans. Son procès en appel s'ouvre ce vendredi à Douai, avec l'espoir de lever les mystères qui persistent autour de cette femme déroutante.

Poussée par une force qui a guidé sa main

A son premier procès, Fabienne Kabou avait fait une curieuse impression, très intelligente, s'exprimant dans un langage soutenu, avec un mélange de froideur et d'ironie cinglante. Elle avait fait le récit de la mort de sa fille d'une voix détachée, expliquant que tout s'était enchaîné de façon mécanique, comme si une force extérieure la poussait.

Trouble délirant paranoïaque, avaient diagnostiqué deux experts psychiatres. Mensonges et manipulation, avait tonné l'avocat général. Le jury avait finalement retenu l'altération de son discernement, tout en la condamnant à 20 ans de réclusion.

Un verdict que n'a pas compris l'accusée, selon son avocate.
Me Fabienne Roy Nansion raconte : "dans la seconde qui a suivi le prononcé du verdict à Saint-Omer, Fabienne Kabou m'a dit : 'je ne comprends pas. On ne sait toujours pas qui a tué ma fille', ce qui est hallucinant, bien évidemment".

Pour elle c’est ça l'enjeu de ce procès : découvrir qui a tué sa fille.

"Ça va paraître complètent absurde, car nous savons que c'est elle sur la plage de Berk et elle le sait aussi" explique l'avocate, mais ce qu'elle n'arrive toujours pas à exprimer c'est : quel est le nom de cette chose qui a guidé sa main, qui l'a guidée tellement fort qu'elle n'a pas réussi à résister."

Depuis un an, Fabienne Kabou est sous traitement médicamenteux, ce qu'elle refusait jusqu'alors. Tout en restant persuadée qu'un sort lui a été jeté. La sorcellerie, c'est sa façon de communiquer son délire, avait expliqué le psychiatre Daniel Zagury, qui témoignera à nouveau cet après midi.

► POUR EN SAVOIR PLUS | L'affaire Kabou et l'altération du discernement

Le procès se tient du 8 au 15 septembre à la cour d’assises de Douai.

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