Jacobus Van Nierop, à son arrivée au palais de justice de Nevers le 8 mars 2016
Jacobus Van Nierop, à son arrivée au palais de justice de Nevers le 8 mars 2016 © MaxPPP

Le procès du dentiste néerlandais, accusé d’avoir mutilé et blessé des dizaines patients à Château-Chinon, dans la Nièvre, se poursuit devant le tribunal correctionnel de Nevers. Dans le box, Jacobus Van Nierop, surnommé le "dentiste de l’horreur".

L’ audience était chargée en émotion pour latrentaine de parties civiles présentes à l’audience , qui revoyaient pour la première fois depuis trois ans celui qui leur avait causé tant de douleurs. L’accusé, lui, est apparu bien plus falot que sa réputation. Mutique, presque absent , et toujours insensible à la douleur de ses anciens patients.

Tout était énorme chez lui, le cabinet flambant neuf, la grande maison, la grosse voiture, le gros cigare (Une ancienne patiente, parmi les plaignants)

► ► ► EN DIRECT | Suivez le livetweet de notre reporter Corinne Audouin

De ce personnage mégalomaniaque, ne reste dans le box qu'un homme au regard absent , que décrit Charles Joseph-Oudin, l’avocat de 26 parties civiles : "Les victimes avaient décrit un homme très grand, très charismatique, très beau... Et aujourd'hui, on a un homme assez ratatiné, presque un peu décevant! Et qui vient nous dire que les gens ne l'intéressent pas… Je le cite, les gens ne l'intéressent pas. Et surtout, il n'a aucune compassion ."

Personnalité compulsive

Mais puisque juger, c’est comprendre, il faut bien sonderle mystère Van Nierop . L’ancien dentiste, entre quelques mots de français et un peu plus de néerlandais, traduit par son interprète, n’y aide pas beaucoup. Il alterne entre "Je ne me souviens pas... sans commentaires " avant de lâcher tout d’un coup : "Je suis responsable ".

L'homme a une personnalité narcissique, compulsive, disent les experts, qui s’est construite après unetrouble relationnel précoce avec sa mère . L’explication est un peu rapide, mais Van Nierop , dont tous les psys reconnaissent l’intelligence, s’en empare. Lui qu'on disait charismatique, autoritaire, un peu gourou , se présente comme déprimé, suicidaire, et surtout, incapable d’imaginer la souffrance d’autrui. Le sens moral ? "C’est ce qui me manque ", reconnaît-il d’un ton placide. Le mystère reste entier.

Le procès se poursuit jusqu'au 18 mars,Jacobus Van Nierop encourt dix ans de prison et 150.000 euros d'amende .

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.