Ouverture aujourd’hui devant la cour d’assises spéciale de Paris du procès d’Abdelkader Merah et d'un complice de Mohamed Merah, auteur des attentats de Toulouse et Montauban.

Hommage aux victimes de Mohamed Merah devant l'école Ozar Hatorah à Toulouse
Hommage aux victimes de Mohamed Merah devant l'école Ozar Hatorah à Toulouse © Maxppp / Theillet Laurent

Mars 2012. En huit jours, sept personnes tombent sous les balles de Mohamed Merah, sous les balles du terrorisme. Un militaire, Imad Ibn Ziaten. Puis deux autres : Abel Chennouf, 25 ans et Mohamed Legouad, 23 ans. Et encore, un père de famille, Jonathan Sandler, et trois élèves de l'école juive Ozar Hatorah : Myriam, Arié et Gabriel avait 8, 5 et 3 ans.

Cinq ans après ces assassinats, 232 personnes (victimes et proches) sont parties civiles au procès du frère de Mohamed Merah, Abdelkader Merah, et de Fettah Malki, ami d'enfance du tueur.

"Cinq ans, ce n'est rien"

Pierre Lasry, était président des parents d'élèves de l'école Ozar Hatorah au moment des attentats. Le jour de l'attaque, sa fille, adolescente de 14 ans était dans la cour de l'école : "il n'y a pas longtemps , un psychiatre a rencontré ma fille. Elle était très bien, souriante. Mais à peine lui a-t-il posé la question du souvenir qu’elle avait de ce moment-là qu’elle a fondu en larmes. Ça veut dire que le traumatisme est encore là. Cinq ans, c’est rien. J’avais cru qu’elle avait pris le dessus, ce n’est pas du tout le cas."

Alors aujourd'hui, Pierre Lasry fonde beaucoup d'espoir sur les cinq semaines que va durer le procès à Paris et ce que la justice peut apporter au travail de reconstruction de chacun. "Ce qui me préoccupe c’est de voir que nos enfants sont encore traumatisés, profondément. Cette fameuse résilience, j’ai envie qu’elle ait lieu. Quelle que soit la finalité de ce procès, je pense qu’il faut qu’il ait lieu. Et je pense que ça va les aider, j’espère en tout cas."

"Un procès historique et bouleversant"

Malgré tout, ce n'est pas l'assassin de leur proche que les familles verront dans le box des accusés de la cour d'assises spécialement composée de Paris. Mohamed Merah est mort dans l'assaut du Raid qui encerclait sa maison, en mars 2012. Son frère aîné, Abdelkader Merah, comparaît notamment pour complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste - des faits pour lesquels il encourt la réclusion à perpétuité - et son ami d'enfance, Fettah Malki, pour association de malfaiteurs terroriste - pour laquelle il encourt une peine de 20 ans de réclusion.

Et si ce procès peut aider au travail de reconstruction, Me Simon Cohen, qui représente près de 50 parties civiles s'attend cependant à des audiences difficiles : "ce procès est à la fois, selon moi, historique et bouleversant. Est-ce qu’on peut dire la souffrance d’une femme, privée de ses deux enfants et de son mari le même jour ? Est-ce qu’on peut dire la souffrance d’un couple qui a presque vu mourir une petite fille le regard grand ouvert sur son assassin ? Est-ce qu’on peut dire leur souffrance, leurs tourments ? Est-ce qu’on peut dire les regards d’enfants que l’assassin a filmés ? Est-ce qu’on peut le dire ?"

À défaut de dire, mais pour montrer au jury l'horreur de ces crimes, certaines parties civiles réclament la diffusion des vidéos réalisées par Mohamed Merah. La question sera débattue à l'audience.

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