Un coup de théâtre est venu embrouiller un peu plus l'esprit des jurés. Par mail, un commandant de gendarmerie s'est dit prêt à révéler des informations capitales.

[NOTE : article originellement publié le 28 octobre 2013]

Près de quinze ans se sont écoulé depuis la mort de Brigitte Muller dans la maison familiale d'Ingwiller. Difficile donc de revenir avec précisions sur des faits aussi lointains.

Procès Muller #10 / Patrick Geant, commandant de police par Martin Ferrer

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C’est presque un coup de théâtre, comme le public des salles d’audience les aime et pourtant si rare. En réalité, plutôt un rebondissement voire un coup de billard à plusieurs bandes, amorcé ce matin.

On a d’abord vu l’avocat général, drapé tant dans sa robe rouge que dans la dignité de sa fonction, déclarer à la cour avoir été destinataire du mail d’un officier de police se disant en détention d’une « information capitale ».

La curiosité judiciaire aiguisée, la présidente décide d’entendre le dit commandant de police. Et l’on a donc vu arriver Patrick Géant, pas si grand mais convaincu de son devoir de transmettre cette information « recueillie incidemment ».

En l’occurrence : les affirmations de deux gendarmes arrivés sur les lieux près d’une demi-heure après l’appel de Jean-Louis Muller pour annoncer la mort de sa femme. Au téléphone, et quatorze ans après le drame, les deux hommes se souviendraient : lorsque Jean-Louis Muller leur a ouvert la porte, il semblait sortir de la douche.

Le médecin a-t-il donc pu tuer sa femme, puis monter prendre une douche pour enlever traces de sang et résidus de tir ? « Vous savez qu’on a trouvé des particules de tirs sur son visage et ses mains ? » l’interpelle Me Dupond-Moretti. Mais selon l’officier de police judiciaire : « si quelqu’un a tiré avec une arme, même s’il se lave il reste des résidus de tirs ». « Non, monsieur, ce n’est pas vrai. Le lavage enlève les traces. », assène l'avocat de la défense.

Et, pour la première fois, on aperçoit Jean-Louis Muller devenir le colérique que nombre de témoins ont décrit : « Madame la présidente, deux gendarmes arrivent quinze ans après alors que moi ça fait autant de temps que je réclame une reconstitution et qu’on me chie dessus ».

La reconstitution n’aura pas lieu. Mais les deux gendarmes et leur supérieur devraient être entendus demain.

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