le domicile du président de bpce françois pérol a été perquisitionné
le domicile du président de bpce françois pérol a été perquisitionné © reuters

EXCLU FRANCE INTER | L'ancien président de la République et son ancien secrétaire général de l'Elysée viendront-ils témoigner au procès de François Pérol, du 22 au 25 juin ? Ils sont en tout cas cités comme témoin par la CGT, partie civile. Le patron de la banque BPCE, François Pérol, sera jugé pour prise illégale d'intérêt par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir pris la direction du groupe en 2009, alors qu'en tant que conseiller de Nicolas Sarkozy, il s'était occupé de la fusion et de l'aide accordée par l'Etat aux banques mutualistes.

Au cours de l'instruction, plusieurs témoins et des notes et courriels saisis montrent que l'ancien président de la République s'était personnellement impliqué dans ce dossier. Pendant la crise financière de 2008, les Banques populaires et les Caisses d'épargne s'étaient retrouvées dans une situation particulièrement dangereuse, à cause notamment des risques pris par leur filiale Natixis. C'est Nicolas Sarkozy qui, lors d'une réunion à l'Elysée le 21 février 2009, aurait annoncé aux patrons des deux banques que l'État était prêt à les aider (par un prêt de cinq milliards d'euros) mais que le futur groupe issu de leur mariage devait prendre son secrétaire général adjoint chargé de l'économie, François Pérol, comme président.

François Pérol a invoqué "l'urgence" de la situation

Ce choix symbolisait la reprise en main du groupe bancaire par l'État. Mais tout agent public qui a participé aux décisions concernant une entreprise privée ne peut normalement pas y travailler pendant trois ans. François Pérol a invoqué "l'urgence" pour justifier de n'avoir pas saisi la commission de déontologie. Le juge Roger Le Loire estime que Pérol et son supérieur Claude Guéant se sont "affranchis des règles", tout en produisant "un habillage déontologique".

Le code de procédure pénale stipule que "toute personne citée pour être entendue comme témoin est tenue de comparaître". Dans la pratique, les tribunaux font preuve d'une certaine tolérance envers les témoins qui font valoir "un motif d'excuse reconnu valable et légitime".

Les avocats de Nicolas Sarkozy et de Claude Guéant ne nous ont pas répondu pour savoir ce que leurs clients comptaient faire le 22 juin.

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