L'une des compagnes de Jacques Rançon a témoigné ce mercredi de la violence de l'accusé, au troisième jour de son procès devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales où il est jugé pour avoir violé, tué et mutilé deux femmes en 1997 et 1998 et pour deux tentatives de viol et de de meurtre.

Après son fils David, c'est à la mère de celui-ci que Jacques Rançon a été confronté ce mercredi
Après son fils David, c'est à la mère de celui-ci que Jacques Rançon a été confronté ce mercredi © Maxppp / L'Indépendant / Michel Clementz

Cela fait trois jours qu’il porte le même t-shirt orange, sous une veste de jogging gris. Ses affaires personnelles ne l’ont pas suivi lors de son transfert à la prison de Perpignan pour le procès. Mutique, le visage et les yeux baissés la plupart du temps, Jacques Rançon est bien loin de l’image de croque-mitaine que l’on pouvait s’en faire. Les premiers témoins ont raconté son "enfance misérable". Mais sa première compagne, entendue mercredi, a commencé à dresser un autre portrait de l’accusé. 

Ce qu'il a fait est ignoble

Carole est une grande femme brune aux cheveux longs et frisés. Elle a vécu six ans avec Jacques Rançon, entre 86 et 91. À la barre, elle frissonne de colère, ses gestes envahissent la cour d’assises. "Je suis partie par rapport à la violence, pour mon enfant", dit elle, "qu’il me batte moi toute seule, je m’en fous." Son témoignage est difficile, chaotique. Les coups commencent, comprend-on, quand elle est enceinte : coups de poing dans le ventre, le visage, une fois, "il a failli me passer par la fenêtre". Les coups partent pour des raisons futiles : parce que le repas n’est pas prêt, ou qu’il est froid. "Des fois il m’appelait comme ça, en claquant des doigts, et j’arrivais."

Elle n’a jamais porté plainte, a fini par partir, malgré ses menaces de mort. Leur fils avait alors quatre ans. 

Carole a du mal à décrire ce qu’elle a subi. Alors elle s’emporte, parle des victimes, ces si jolies jeunes filles, désigne le box : "ce qu’il a fait, c’est ignoble, y a même pas de mots."

Un avocat des familles lui fait remarquer que les victimes, Moktaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez, toutes deux brunes aux cheveux longs, lui ressemblaient. 

"Tout le monde me le dit", réplique-t-elle, secouée. "Vous pensez qu’il a fait aux autres ce qu’il n’a pas réussi à vous faire à vous ?" Carole est en larmes. "Avez-vous peur quand il sortira de prison ?" relance l’avocat. "Ils vont le relâcher ?" s’écrie t elle, paniquée. "Il a toujours réussi à me retrouver. Là, je suis à l’abri parce qu’il est derrière les barreaux."

Interrogé, Jacques Rançon n’a qu’une phrase pour la mère de son fils : "Tout est mensonge, parce qu’elle a de la haine contre moi"

► SUIVRE | Le compte rendu de procès sur Twitter avec Corinne Audouin

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