Jacqueline Sauvage a tué son mari sur la terrasse de leur pavillon
Jacqueline Sauvage a tué son mari sur la terrasse de leur pavillon © MaxPPP

Jacqueline Sauvage a été condamnée jeudi soir à dix ans de prison par la Cour d'assises de Blois, comme en première instance, pour avoir tué son mari qui la battait depuis 47 ans. Un verdict accueilli par les larmes de cette femme et de ses trois filles, également violentées et même violées par leur père. Toutes espéraient un acquittement au nom de la légitime défense. Une stratégie qui a complètement échoué.

C'est un sentiment de gâchis qui domine au terme d'un procès mené au pas de charge par une présidente qui a refusé de transformer l'affaire en débat de société . Pourquoi, ce jour-là, Jacqueline Sauvage a-t-elle abattu son mari de trois balles dans le dos ?

La défense a tenté de parler du syndrome des femmes battues : chez une personne victime de violences répétées, le cerveau subit un traumatisme qui peut l'empêcher de prendre une décision rationnelle. Mais la démonstration, trop tardive, n'était étayée à la barre par aucun expert psychiatre.

L'impossible acquittement

Les jurés ont sans doute plutôt retenu le réquisitoire limpide de l'avocat général, rappelant que la loi sur la légitime défense et ses critères très stricts ne permettaient pas d'acquitter Jacqueline Sauvage . Enfermées dans leur défense de principe, les avocates de l'accusée n'ont pas su simplement plaider pour une peine plus clémente , au nom des souffrances déjà endurées par cette femme.

Jacqueline Sauvage reste donc en prison. Dans l'esprit de l'accusée, de ses filles et sans doute des jurés, elle pouvait espérer une libération conditionnelle dans un peu plus d'un an. "J'ai noté la date", lançait après le verdict Fabienne Marot, la fille de l'accusée, en larmes. "Et j'espère que ce jour-là, on nous rendra notre mère."

Mais la décision est plus complexe. Jacqueline Sauvage a été condamnée pour meurtre aggravé (sur conjoint), avec une période de sûreté automatique et incompressible de cinq ans.Elle ne sera libérable en conditionnelle que dans deux ans et quatre mois , à moins de demander un relèvement de sa période de sûreté. Une procédure encore plus longue, complexe, et incertaine.

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