Sylvie Leclerc discute avec ses avocates avant l'ouverture de son procès
Sylvie Leclerc discute avec ses avocates avant l'ouverture de son procès © Radio France

Comment Sylvie Leclerc en est-elle arrivée à tuer son mari après 37 ans de vie commune ? Sur fond de violences conjugales, de harcèlement moral et de dépressions, la cour d’assises de la Meurthe-et-Moselle va s’interroger sur ce dossier de meurtre que l’accusée qualifie de délivrance.

Sylvie Leclerc avait décrit juste après le drame cette voix qui lui donnait des instructions :

C’est toi qui va mourir ou c’est lui pour avoir la paix, qu’est-ce que tu attends ? Vas-y, tire !

Et Sylvie a tiré, une nuit de mai 2012, son mari dormait. Une balle dans le dos. Il n’est pas ici question de légitime défense, mais « d’un geste libérateur » comme le qualifient les avocates de Sylvie Leclerc, Maîtres Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta, celles qui avaient défendu Alexandra Lange (acquittée pour le meurtre de son mari violent) et Jacqueline Sauvage (condamnée à 10 années de réclusion criminelle et partiellement graciée pour des faits relevant de la même problématique).

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Le syndrome de l’otage

Sylvie Leclerc décrira à l’instruction ces années de soumission totale, émaillées de violences physiques, sexuelles et verbales, avec des insultes et des humiliations, et même des menaces de mort. Mais d’autres voix ont décrit une autre réalité. La fille du couple a certes raconté le quotidien « pourri » de ses parents, rongés l’un et l’autre par la dépression. L’avocat de la famille du mari décédé estime même que Sylvie Leclerc s’est elle-même enfermée dans le processus de l’emprise. Ce qu’un des deux experts psychiatriques qui a examiné l’accusée qualifiera de « syndrome de l’otage ».

Altération du discernement ?

Ces experts ont conclu à l’altération du discernement, estimant que Sylvie Leclerc était submergée par la dépression quand elle a commis le meurtre, et que les jurés devraient en tenir compte dans leur délibération. L’accusée qui, malgré la détention provisoire, affirme à ses avocates qu’elle ne s’est jamais sentie aussi libérée, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Mais la cour d’assises déterminera au terme de ces quatre journées d’audience, jusqu’à quel point les circonstances de ce meurtre doivent valoir à son auteure une certaine clémence.

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