Devant la cour d’assises de Bobigny, au troisième jour du procès de l’ex-ministre Georges Tron et de son ancienne adjointe Brigitte Gruel, une ancienne collaboratrice de la mairie a témoigné à charge, dans un récit émaillé de contradictions.

Troisième jour du procès de l’ex-ministre Georges Tron devant la cour d’assises de Bobigny
Troisième jour du procès de l’ex-ministre Georges Tron devant la cour d’assises de Bobigny © AFP / Thomas SAMSON

Lucile Mignon apparaît toute petite sur l’écran de la visio-conférence. Toujours employée de la mairie de Draveil, elle est en arrêt maladie depuis 2012. Sa voix vibre de colère. "Je n’ai plus de salaire depuis un an, je suis une victime non reconnue dans cette affaire", dit-elle. Au moment des plaintes contre Georges Tron, en mai 2011, elle travaille au cabinet du maire et comme assistante parlementaire. Elle soutient fermement son employeur, jusqu’à ce qu’en garde à vue, à la 5e audition, elle avoue avoir menacé une des plaignantes, Viriginie Ettel : "Je lui ai dit qu’on avait un dossier épais comme ça contre elle. C’était à la demande de Georges Tron."

Des employés sous influence

Devant la cour d’assises, elle décrit des employés de mairie sous emprise, "C’était un système que je qualifierai quasiment de secte avec un gourou, il fallait obéir… j’ai suivi le mouvement", dit-elle. Quelques mois après cette garde à vue, elle a porté plainte à son tour, pour harcèlement, relatant une scène sexuelle dans le bureau du maire, un samedi après-midi, avec son adjointe Brigitte Gruel. 

Aujourd’hui, elle se souvient des mains sur son corps, qui descendent jusqu’au pubis, de sa sidération. Et puis elle ajoute deux autres scènes. Une autre agression sexuelle, et un baiser forcé de Georges Tron. "Ça m’est revenu en 2016, avec le choc post traumatique", dit-elle. Longuement, le président confronte Lucile Mignon à ses versions fluctuantes. À ses déclarations passées contre la plaignante Virginie Ettel, qualifiée de mythomane avec des problèmes d’alcool. C’était pourtant son amie. 

"Aujourd’hui, je ne remets pas en doute le fait qu’elle ait été agressée, et même violée. J’étais dans le déni de ce que j’avais moi-même vécu" dit Lucile Mignon. Cette femme de 48 ans multiplie désormais les procédures devant les tribunaux, jusqu’ici sans succès. "En garde à vue, je me disais, 'si je parle, je suis foutue'. Mais finalement, je le suis quand même", dit-elle avec amertume. 

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