Le procès de Georges Tron touche à sa fin avec ce mercredi le réquisitoire de l’avocat général, avant les plaidoiries de la défense. Au terme de quatre semaines d’audience et après l’audition de dizaines de témoins. Le procès bute sur un écueil récurrent dans les affaires de viol : la question des preuves matérielles.

Le procès de Georges Tron touche à sa fin
Le procès de Georges Tron touche à sa fin © Maxppp / Le Parisien / Olivier Arandel

L’ancien ministre, toujours maire de Draveil, et son ancienne adjointe sont accusés de viols et agressions sexuelles sur deux employées de la mairie. Ils nient tous les deux les faits qui leur sont reprochés, aidés en cela par l'absence de preuves matérielles. 

Car, dans le dossier Tron, il n'y a pas de témoins qui auraient assisté aux agressions sexuelles ou aux viols dénoncés. Pas de vidéos ou d'échanges de messages entre accusés et plaignantes et encore moins d'aveux comme c’est très souvent le cas dans les dossiers de ce type explique l’avocat d’Eva Loubrieu, Loïc Guérin : "En matière de viol c'est souvent compliqué. Sauf le cas où un rôdeur de nuit vous saute dessus avec de l'ADN partout, ce qui est assez exceptionnel. L'essentiel des viols sont commis dans un huis-clos familial ou de travail, donc ce n'est pas simple. Mais ici il y a toute une série d'éléments, une ribambelle de témoignages, un copier-coller des mêmes méthodes, des éléments qui permettent de déterminer la réalité du viol et c'est souvent comme ça qu'on aboutit à une condamnation."

Le faisceau de témoignages sur les pratiques sexuelles à la mairie de Draveil, niées en bloc par Georges Tron et son adjointe, l’émotion des plaignantes quand elles évoquent les faits ; les dossiers montés par la mairie contre elles. Tout cela joue en leur faveur. 

Cela ne suffira pas forcément pour emporter l’intime conviction des jurés, dans une affaire complexe où le doute doit profiter aux accusés. 

Le verdict est attendu demain jeudi.

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