Au procès de Georges Tron, la cour d’assises de Bobigny a commencé à se plonger dans les arcanes de la politique draveilloise.

Les histoires de politique locale ont-elle un rapport avec le procès et les accusations de viol portées contre Georges Tron et son adjointe ?
Les histoires de politique locale ont-elle un rapport avec le procès et les accusations de viol portées contre Georges Tron et son adjointe ? © Maxppp / IP3 / Alexis Sciard

Depuis l’éclatement de l’affaire en 2011, Georges Tron le martèle : il est victime d'un complot politique. Le maire de Draveil dans l'Essonne, ex député et ex ministre, est accusé aux côtés de son ancienne adjointe Brigitte Gruel de viols et d'agressions sexuelles, par deux anciennes employées de la mairie.

Le moteur de la conspiration trouverait sa source dans l'opposition locale au maire de Draveil, emmenée par Jacques et Philippe Olivier. Ce dernier est le beau-frère de Marine Le Pen. Les frères Olivier sont entendus mardi après-midi par la cour d'assises de Bobigny, une audition clé pour tenter d’établir la réalité de ce complot. 

Pour la défense du maire, le cœur de l’affaire s’appelle le "projet Joffre". C’est le nom d’un vieil hôpital de Draveil que le maire souhaitait transformer en ensemble immobilier. Dès 2009, les opposants à Georges Tron s’unissent contre le projet, autour des riverains inquiets de voir implantés des logements sociaux dans ce quartier plutôt chic. 

À la barre, une ancienne élue du Modem témoigne : "Il n’y a pas eu d’appel d’offres, alors que c’est un site privilégié en bord de forêt de Sénart. Je voulais défendre le patrimoine de Draveil qui était en train d’être détruit petit à petit" explique Fabienne Sorolla, alors conseillère municipale. Elle ira jusqu’à figurer sur une liste emmenée par Philippe Olivier en 2014, "100% Draveil". "C’était une liste sans étiquette, il y avait des gens de tous bords, ce n’était pas une liste FN" dit-elle. Cela lui vaudra pourtant d’être exclue du Modem. 

Ces histoires de politique locale ont-elles un rapport avec le procès et les accusations de viol portées contre le maire et son adjointe ? Impossible de ne pas l'évoquer : de fait, de nombreux opposants locaux de Georges Tron ont conseillé, à un moment ou un autre, les deux plaignantes. Fabienne Sorolla a ainsi été contactée par Virginie Ettel, en janvier 2011, avant qu’elle ne dépose plainte. Les deux femmes s’étaient côtoyées à la mairie. "Ce qu'elle m'a raconté ne m'a pas étonnée" dit Fabienne Sorolla, qui relate avoir subi elle-même des attouchements de la part du maire. En 2011, deux jours après le dépôt des plaintes, l'opposante réclame la démission de Georges Tron.

La défense y voit les indices d’un complot, d’accusations inventées de toutes pièces. Ces opposants auraient aussi pu, simplement, profiter de l’occasion pour nuire à Georges Tron. C’est ce que les jurés devront tenter de démêler : ils n’ont pas fini d’entendre parler des petites histoires draveilloises.

Le procès se poursuit jusqu’au 15 novembre.

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