C’est l'une des questions qui se posent au procès de l’ancien ministre Georges Tron, renvoyé devant la cour d’assises de Bobigny aux côtés de son ancienne adjointe, pour viols et agressions sexuelles en réunion, sur deux anciennes employées de la mairie de Draveil.

Le procès du maire de Draveil a commencé mardi devant les assises de Seine-Saint-Denis.
Le procès du maire de Draveil a commencé mardi devant les assises de Seine-Saint-Denis. © Maxppp / Alexis Sciard

Jeudi 25 octobre, c’est une ex-proche collaboratrice de Georges Tron qui témoigne en visio-conférence, depuis la Charente où elle vit désormais. Fervent soutien du maire quand l’affaire éclate, Lucile Mignon est aujourd’hui l’une de ses plus féroces accusatrices. À la cour d’assises, elle raconte que le maire lui a demandé de menacer Virginie Ettel, parce qu’"on savait à la mairie" qu’elle avait l’intention de porter plainte. Cette femme de 48 ans, visiblement très en colère, souvent fâchée avec les dates, décrit une ambiance "quasiment de secte" autour d’un "gourou". Pour Vincent Ollivier, l’avocat de Virigine Ettel, ce témoignage, malgré ses fragilités, corrobore l’existence d’un système d’emprise autour du maire :

"Il y a un propos de Georges Tron qui est souvent cité dans le dossier : soit vous êtes avec moi, soit vous être contre moi. D’ailleurs, il a dit à Lucile Mignon, qui l’a pris comme une menace : ‘souviens-toi où sont mes amis, car mes ennemis, je les tue’. Je crois que ça résume assez bien ce qu’était le système Tron au sein de la mairie de Draveil."

Le maire était-il ce gourou qu’il fallait suivre sous peine de sanctions ? A la barre, deux femmes, toujours employées de la mairie de Draveil aujourd’hui, affirment le contraire. Les agressions imputées au maire et à son adjointe Brigitte Gruel ? "Je n’y crois pas" dit l’une, persuadée qu’elle l’aurait su, s’il s’était passé quelque chose. Toutes deux soulignent les écarts alcoolisés des deux plaignantes, les mensonges de Virginie Ettel, qui s’était inventé un faux cancer. Elles font partie des employés de la mairie qui ont envoyé des lettres de soutien, adressées à la police, toutes postées en même temps. "C’était spontané" assure l’une d’elles, "on était solidaires". 

Et il n’y a pas de raison de mettre en doute leurs propos, selon Franck Natali, l’avocat de Brigitte Gruel. "Ce sont des personnes qui témoignent sous serment, devant les assises, librement. Arrêtons de dire qu’elles sont contraintes ou sous emprise. Il n’y a pas d’emprise, c’est un mot qui a été allégué par les parties civiles, mais qui n’existe pas dans ce dossier !"

Un témoin viendra apporter un éclairage attendu aujourd’hui sur ce point : l’ex-chef de cabinet de la mairie de Draveil, de 2001 jusqu’à son licenciement en 2009. En 2011, interrogé par la police, François-Joseph Roux s’était dit soulagé que l’affaire éclate enfin au grand jour. Georges Tron le tient pour l’une des chevilles ouvrières du complot ourdi contre lui.

Le procès se poursuit jusqu’au 15 novembre, les accusés encourent 20 ans de réclusion criminelle.

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