Profanation à Sarre-Union
Profanation à Sarre-Union © OLIVER DIETZE/EPA/MAXPPP / OLIVER DIETZE/EPA/MAXPPP

François Hollande est attendu à Sarre-Union, dans le Bas-Rhin. C'est dans cette commune alsacienne de moins de 3 000 habitants que 250 tombes juives ont été profanées. Du côté de l'enquête, les suspects ont été vite identifiés.

Le procureur de la République de Saverne Philippe Vannier a précisé que les motivations des jeunes gens, âgés de 15 ans et demi à 17 ans, n'étaient pas connues et que ces derniers n'avaient pas d'antécédents judiciaires. Ils ne s'étaient pas non plus fait remarquer jusqu'à présent pour des opinions quelconques :

Le seul dont l'audition m'a été transmise se défend de tout antisémitisme et dit qu'ils se seraient rendu compte de ce que certaines des tombes étaient juives au moment de les saccager. Il semble qu'ils considéraient le cimetière comme étant abandonné.

Profanation à Sarre-Union
Profanation à Sarre-Union © Radio France

L'un des adolescents s'est présenté spontanément lundi matin à la brigade de gendarmerie de Sarre-Union pour se dénoncer après avoir été "très impressionné par les proportions que prenait cette affaire", a précisé le procureur. Les cinq jeunes gens sont originaires de la région, appartiennent à des familles qui ne posent pas de problèmes particuliers et sont scolarisés pour quatre d'entre eux, le cinquième effectuant actuellement un stage professionnel. Les perquisitions effectuées à leur domicile n'ont rien donné à ce stade de l'enquête, a indiqué Philippe Vannier. L'enquête a permis de déterminer que 250 tombes avaient été dégradées sur un total de 400.

Qui sont ces cinq jeunes ? Les précisions d'Olivier Vogel

La plupart des dégradations sont des renversements de stèles ou des arrachages de colonnes. Quelques caveaux ont également été ouverts sans qu'il soit porté atteinte aux défunts. Le monument aux victimes de la déportation qui se trouve à l'entrée du cimetière a également été détérioré.

Les jeunes gens auraient utilisé leur seule "force musculaire" pour accomplir leur forfait. Les faits auraient été commis jeudi après-midi entre 15 heures et 18 heures. Ils n'ont été découverts que dimanche après-midi, le cimetière étant peu fréquenté. De l'importante communauté israélite qui résidait encore à Sarre-Union au début du siècle dernier ne resteraient que deux familles, selon la municipalité.

Les cinq adolescents sont susceptibles d'être poursuivis pour profanations de sépulture en raison de la religion des défunts et pour dégradations de biens publics, des faits passibles de sept ans de prison. François Hollande et Manuel Valls ont vivement condamné ces actes antisémites qui appellent selon le président "la réaction la plus forte".

Les familles des défunts sont émues. Elles n'ont toujours pas pu pénétrer dans le cimetière bouclé par les gendarmes. Le reportage d'Olivier Vogel.

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