VISITE VIRTUELLE | C'est l'une des prisons françaises les plus mythiques : la prison de la Santé, au cœur de Paris, est vidée de ses occupants depuis le 20 juillet, en attendant des travaux de rénovation qui s'achèveront en 2019. Elle est ouverte exceptionnellement samedi et dimanche à une poignée de visiteurs déjà inscrits, dans le cadre des Journées du Patrimoine. Corinne Audouin vous emmène en visite.

► ► ► Écoutez son reportage complet dans les coursives de la Santé...

Une visite que certains chanceux pourront vivre samedi et dimanche : la prison de la Santé organise des visites guidées sur inscription pour les Journées du patrimoine (des visites qui affichent déjà complet). Un millier de personnes vont donc pouvoir en découvrir les cellules et les couloirs, avant la réouverture aux détenus, en 2019.

Seul le centre de semi-liberté fonctionne encore, des détenus qui travaillent dans la journée et sont hébergés le soir à la Santé. Mais à l'exception de cette centaine de détenus, l'établissement de 1000 places, construit en 1867, est donc vide.Prison emblématique, où ont eu lieu jusqu'en 1972 des exécutions capitales, d'où Jacques Mesrine et Michel Vaujour se sont évadés... La Santé, c'est la dernière prison intra-muros de Paris, dans le 14ème arrondissement, et un témoin unique de l'histoire de la détention en France.

Une prison historique...

La maison d'arrêt est divisée en deux quartiers, haut et bas
La maison d'arrêt est divisée en deux quartiers, haut et bas © Radio France / Corinne Audouin

À l'ouverture, elle combine deux systèmes de détention : cellulaire absolu dans le quartier bas (détenus en cellule toute la journée), cellulaire aménagé dans le quartier haut (les détenus sont en collectivité dans la journée).

Caroline Soppelsa est historienne. Elle a étudié l'architecture générale de la prison de la Santé

La Santé est une prison dans la ville, la dernière prison intra muros de la capitale. Dans la cour de promenade, on voit les immeubles du boulevard Arago tout proche.

La cour de promenade. Il y en a une par division
La cour de promenade. Il y en a une par division © Radio France / Corinne Audouin

Les détenus qui sont passés par la prison de la Santé, et ceux qui y sont encore, sont très attachés à cette présence dans la ville.

Une présence qui a aussi une valeur symbolique, et dissuasive

Changement de décor : nous sommes cette fois en intérieur.

Les derniers détenus ont été transférés le 20 juillet
Les derniers détenus ont été transférés le 20 juillet © Radio France / Corinne Audouin

Caroline Soppelsa, historienne, et Jean-Marie Akera, ancien chef de la détention, expliquent l'architecture des cellules et des coursives.

Une architecture typiquement française

Le point central de la prison de la Santé, son coeur, c'est la "rotonde" du quartier bas. Elle permet de surveiller les détenus, non pas seulement dans les cellules, mais aussi lors de leurs déplacements.

Jean-Marie Akera, ancien chef de la détention, nous décrit ce poste de surveillance qui permet de voir les quatre galeries de la prison

L'autre particularité de la prison de la Santé, c'est son fameux "quartier VIP". Quatorze cellules à part, qui ont accueilli des détenus célèbres : Bernard Tapie, Jérôme Kerviel, Loïc Le Floch Prigent, Pierre Botton, ou encore le terroriste Carlos...

Des cellules VIP... seulement sur certains points

Des détenus qu'il fallait isoler du reste de la prison, mais qui ne signifiait pas forcément un confort plus important.

La prison de la Santé comprend un quartier VIP, mais aussi, à l'inverse, un quartier disciplinaire.

La maison d'arrêt va être en partie détruite, en partie rénovée. Les travaux dureront jusqu'en 2019, et les détenus pourront y retourner et découvrir une prison de la Santé très différente... Mais toujours chargée d'Histoire.

► ► ► SUR LE WEB | Programme complet des journées du patrimoine sur le site du ministère de la Culture

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