Alors qu'Interpol est au cœur d'un scandale après la disparition de son président, soupçonné de corruption, comment fonctionne cette organisation mondiale vieille de presque 100 ans?

Le siège d'Interpol est basé à Lyon depuis 1989
Le siège d'Interpol est basé à Lyon depuis 1989 © AFP / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

C'est l'organisation policière la plus importante au monde. Une collaboration entre 192 pays du monde vieille de près de 100 ans, qui a survécu aux guerres et aux crises diplomatiques. 

Près d'un siècle d'existence

Créée en 1923, par le chef de la police de Vienne, la Commission internationale de police criminelle (C.I.P.C.), comme on l'appelle alors, commence à publier ses premières notices : ces fiches qui répertorient les criminels recherchés.

Tombée entre les mains des nazis à partir de 1938, les pays membres mettent, les uns après les autres, fin à leur collaboration avec la C.I.P.C. L'histoire d'Interpol aurait pu s'arrêter là, mais en 1946, au sortir de la guerre, la Belgique décide de relancer l'organisation et de baser son siège à Paris. Elle prend en 1956 son nom définitif, Interpol, et son siège est transféré à Lyon en 1989, où il se trouve toujours.

Aujourd'hui 192 pays font partie d'Interpol, et près de 800 personnes y travaillent dans 100 pays différents. 

Un fonctionnement international

Pour faire marcher cette machine impressionnante, Interpol compte plusieurs instances de décision. 

D'une part l'Assemblée générale et le Comité exécutif qui tracent la stratégie d'Interpol. L'assemblée générale, composée d'un membre de chaque pays, se réunit tous les ans pour définir les grandes lignes à suivre. Elle élit le comité exécutif, dirigée par le président d'Interpol. Chaque président est élu pour un mandat de 4 ans. Il est accompagné par trois Vice-présidents et neuf délégués, tous issus de pays différents. Pour la première fois en 2012 c'est une femme, la Française Mireille Ballestrazzi qui prend la tête de l'organisation.

Depuis la démission de Meng Hongwei dimanche, c'est un président par intérim, le coréen Kim Jong Yang, qui assure la présidence d'Interpol.

D'autre part, on trouve le Secrétariat général et les bureaux centraux nationaux. Eux sont chargés de la mise en œuvre au quotidien des stratégies décidées par l'Assemblée générale et le Comité exécutif. Les bureaux sont présents dans chaque pays membres et font le lien entre les polices nationales et Interpol. 

Enfin, la Commission de contrôle des fichiers gère l'immense base de données d'Interpol, notamment les fiches des personnes recherchées : les fameuses notices rouges émises à la demande des pays qui recherchent un criminel.

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