Trois juges du pôle financier enquêtent sur le rachat de la société minière Uramin, en 2007, qui deviendra vite un désastre financier pour Areva. Selon France Inter et Médiapart, les investigations n'ont pas encore tiré cette affaire au clair, mais elles confirment que le mari de l’ancienne présidente se mêlait beaucoup de ses affaires.

En février 2008, Anne Lauvergeon s'envole pour un voyage professionnel en Namibie. Son mari, Olivier Fric, la rejoint pour quelques jours de vacances. Areva a racheté à prix d'or une mine fantôme d'Uramin, mais il y a un problème de permis. Ils rencontrent un intermédiaire local, Haddis Tilahun, réputé proche du pouvoir. Areva l'embauche pour négocier avec les autorités, et l'aider à monter une usine de dessalement, qui fournira l'eau pour la mine. En septembre, Olivier Fric décroche un contrat en sous-traitance pour l'intermédiaire namibien, pour trouver des financements.

Un ancien directeur d'Areva racontera la stupeur de son équipe

C'est son métier: conseiller en montages financiers dans le domaine de l'énergie. Sa rémunération: 30 000 euros. Un ancien directeur d'Areva racontera la stupeur de son équipe qui se retrouve à négocier avec le mari de la présidente... Une regrettable confusion des genres, peut-être, mais la défense de M. Fric insiste sur la réalité de sa prestation, même si les montages proposés n'ont pas convaincu la direction financière d'Areva. Olivier Fric a été entendu deux fois par la brigade financière, toujours comme simple témoin.

Une plus-value de 300 000 euros

"Le monde minier est un tout petit milieu" insiste son avocat, Me Mario-Pierre Stasi. Si petit que c'est Olivier Fric, qui, en 2006, a fait passer à Areva le CV du directeur qui a géré ensuite le dossier Uramin (Daniel Wouters). Si petit que des sociétés liées à Olivier Fric, et basées dans des paradis fiscaux, sont soupçonnées de délit d'initié lors du rachat d'Uramin (il a réalisé une plus-value de 300 000 euros). Selon sa défense, qui a fourni des documents aux enquêteurs, c'est son associé qui était chargé de réaliser des placements à court terme et qui a acheté des actions Uramin, sans lien avec une information dont aurait pu bénéficier M. Fric (le lancement imminent de l'OPA d'Areva).

Les avocats d'Anne Lauvergeon (qui a quitté le groupe en 2011) et d'Areva n'ont pas souhaité réagir, mais le groupe nucléaire vient de se porter partie civile dans ce dossier.

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