En février 2008, Anne Lauvergeon s'envole pour un voyage professionnel en Namibie. Son mari, Olivier Fric, la rejoint pour quelques jours de vacances. Areva a racheté à prix d'or une mine fantôme d'Uramin, mais il y a un problème de permis. Ils rencontrent un intermédiaire local, Haddis Tilahun, réputé proche du pouvoir. Areva l'embauche pour négocier avec les autorités, et l'aider à monter une usine de dessalement, qui fournira l'eau pour la mine. En septembre, Olivier Fric décroche un contrat en sous-traitance pour l'intermédiaire namibien, pour trouver des financements.

Un ancien directeur d'Areva racontera la stupeur de son équipe

C'est son métier: conseiller en montages financiers dans le domaine de l'énergie. Sa rémunération: 30 000 euros. Un ancien directeur d'Areva racontera la stupeur de son équipe qui se retrouve à négocier avec le mari de la présidente... Une regrettable confusion des genres, peut-être, mais la défense de M. Fric insiste sur la réalité de sa prestation, même si les montages proposés n'ont pas convaincu la direction financière d'Areva. Olivier Fric a été entendu deux fois par la brigade financière, toujours comme simple témoin.

Une plus-value de 300 000 euros

"Le monde minier est un tout petit milieu" insiste son avocat, Me Mario-Pierre Stasi. Si petit que c'est Olivier Fric, qui, en 2006, a fait passer à Areva le CV du directeur qui a géré ensuite le dossier Uramin (Daniel Wouters). Si petit que des sociétés liées à Olivier Fric, et basées dans des paradis fiscaux, sont soupçonnées de délit d'initié lors du rachat d'Uramin (il a réalisé une plus-value de 300 000 euros). Selon sa défense, qui a fourni des documents aux enquêteurs, c'est son associé qui était chargé de réaliser des placements à court terme et qui a acheté des actions Uramin, sans lien avec une information dont aurait pu bénéficier M. Fric (le lancement imminent de l'OPA d'Areva).

Les avocats d'Anne Lauvergeon (qui a quitté le groupe en 2011) et d'Areva n'ont pas souhaité réagir, mais le groupe nucléaire vient de se porter partie civile dans ce dossier.

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