Les greffiers de tous les tribunaux de France sont appelés à la grève du zèle à partir de ce lundi par Force Ouvrière. Ils protestent contre la "paupérisation" de leur profession.

Les greffiers sont appelés à la grève du zèle
Les greffiers sont appelés à la grève du zèle © Maxppp / MICHEL CLEMENTZ

Régulièrement, les tribunaux se plaignent d'un manque criant de moyens et de personnels, qui entraîne des délais parfois inconcevables dans le rendu de la justice. 

Ce lundi, c'est au tour des greffiers de se faire entendre. Le syndicat des greffiers de France-FO entend protester contre le gel du point d’indice, une rationalisation des effectifs toujours plus dure et un paiement des heures supplémentaires ou crédits d’heures réduit :

A compter de ce lundi, il n’est plus question de faire des « cadeaux » à l’administration mais que chacun n’exécute que strictement les tâches qui lui sont dévolues dans le respect strict du droit, sans retenue sur salaire opposable.

Le rôle des greffiers est de s'assurer que la procédure est respectée, ils certifient tous les actes d'une procédure. Autrement dit, si un greffier n'a pas signé un jugement, ce jugement n'est pas valable, que ce soit au civil comme au pénal. Ils authentifient les actes. 

Isabelle est greffière depuis 13 ans. Elle répond à Corinne Audouin. 

Cette lassitude est là depuis plusieurs années, on est en sous-effectif chronique malgré les renforts

Isabelle évoque aussi la colère, le besoin de plus de moyens. 

Ça parait bête, mais quand on arrive au mois d'octobre, on n'a plus de papier, plus de stylos. Les caisses sont vides. 

Sous-effectif chronique

Selon Isabelle, les sous-effectifs sont utilisés comme une technique de management, les greffiers étant dévoués, ils "font souvent aussi le travail de leurs collègues quand les postes vacants ne sont pas remplacés par la Chancellerie".

On a besoin de travailler dans des conditions normales, on ne demande même pas de "bonnes" conditions !

Les greffiers assistent aux audiences, puis rédigent tout le compte-rendu de l'audience et tapent les jugements rendus. 

Peur de mal faire

Parfois, des peines de prison ne sont pas exécutées en temps et en heure car les dossiers s'accumulent, les greffiers n'ayant pas toujours le temps de les traiter. Isabelle évoque cette crainte par exemple lorsqu'un dossier n'est pas traité craignant que la personne concernée commette un acte grave. 

Ça crée une responsabilité morale chez les greffiers. Parce que je n'ai pas le temps de faire mon travail, il peut se passer quelque chose de terrible

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