Le procès de quatre hommes, soupçonnés d'être radicalisés et d'avoir voulu commettre un attentat le jour de l'acte 1 des "Gilets jaunes", s'ouvre ce vendredi devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Ils avaient été interpellés en novembre 2018.

Palais de justice (tribunal) de Paris, porte de Clignacourt à Paris, 18ème
Palais de justice (tribunal) de Paris, porte de Clignacourt à Paris, 18ème © Radio France / Stéphanie Berlu

Ce sont notamment des coups de téléphone clandestins qui ont alerté les services de renseignement. Des communications depuis le centre de détention d'Uzerches, entre un jeune homme condamné pour association de malfaiteurs terroriste et deux frères, soupçonnés de radicalisation. 

Au cours de ces appels, il est beaucoup question de Daech, de combattre les mécréants, et de "faire des trucs gros". L'appartement des deux frères, à Saint-Étienne, est alors placé sur écoute. Et c'est ainsi qu'est enregistrée une conversation avec un quatrième homme, évoquant la première mobilisation à venir des "gilets jaunes" : 

"Wallah, le 17 novembre, il y a une grève générale en France ! Des défilés et tout, ils vont tout casser. Les radars, ils vont bloquer toutes les routes, ça tombe un samedi ! C'est là qu'il faut agir. Quand tous les flics sont sur les routes ..."

Quelques jours plus tard, c'est un SMS sur la même tonalité : "Ca va saigné le 17" (sic). Les quatre hommes sont donc interpellés et mis en examen en novembre 2018 : le ministre de l'Intérieur de l'époque, Christophe Castaner, s'était alors félicité qu'une attaque terroriste, prévue le jour de l'acte 1 des "gilets jaunes", avait été neutralisée. 

Ces quatre hommes comparaissent à partir de vendredi au tribunal correctionnel de Paris. Mais s'ils ont reconnu avoir eu pour but d'attaquer un distributeur automatique de billets pour lequel ils avaient fait des repérages et s'étaient procurés une meuleuse, leur projet d'attentat, lui, n'a pas pu être précisément établi par les enquêteurs.