Dans l'affaire de Montigny-lès-Metz (le meurtre de deux enfants), on ne sait toujours pas ni ce qui s'est vraiment passé en 1986, ni si Francis Heaulme est bien le responsable.

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Le jour des meurtres - 28 septembre 1986

vers 17h15
C’est la dernière fois que Cyril Beining et Alexandre Beckrich, âgés de huit ans, sont vus vivants. Un couple les aperçoit en train de jouer sur le talus des voies SNCF qui surplombent la rue Venizelos, à quelques dizaines de mètres de leurs domiciles de Montigny-lès-Metz.

vers 18h30
Inquiète de ne pas voir Alexandre rentrer, sa famille part à sa recherche à pied.

vers 18h40
N’ayant trouvé aucune trace de leur fils, les parents d’Alexandre prennent leur voiture pour poursuivre leurs recherches.

18h45
Les parents Beckrich repèrent les vélos des enfants au bas du talus. Le père d’Alexandre monte au-dessus du talus pour chercher son fils mais la nuit est déjà tombée et il ne le trouve pas.

18h50
La mère d’Alexandre gravit elle aussi le talus et crie le prénom de son fils.

19h10
La mère de Cyril, Chantal Beining, se rend chez sa belle-mère, pour qu’elle appelle la police. Le brigadier Roland Hupp, de permanence ce jour-là se rend alors sur les lieux.

19h30
Le brigadier Roland Hupp retrouve les corps des enfants sur le ballast, le long de la voie ferrée de Montigny-lès-Metz.Les deux enfants ont le crâne fracassé, vraisemblablement à coups de pierre. La tête de l’un d’eux est enfoncée de dix centimètres dans le ballast, l’autre a le pantalon de jogging baissé jusqu’à mi-cuisses.

► ALLER PLUS LOIN | les lieux du crime

19h50
Les inspecteurs Alain Miglio et Claude Beckrich (qui n’a aucun lien de parenté avec le petit Alexandre Beckrich), appelés en renfort par le brigadier Hupp, arrivent sur les lieux. Ils mettent en place un périmètre de sécurité autour de la zone.

20h10
Le grand-père d’Alexandre, Camille Beckrich, arrive à passer outre ce périmètre de sécurité et découvre les corps des deux enfants. Il raconte: “j’ai vu les deux enfants, la figure écrasée par une pierre qui fait plus de cinq kilos …”

20h30
Le docteur Marc Antoine Leupold, médecin légiste arrive sur les lieux. Son thermomètre ne fonctionne pas et c’est donc au toucher qu’il évalue l’heure de la mort des deux enfants: à moins de trois heures, soit après 17h30 . Il note également que le corps de Cyril est “souple” et celui d’Alexandre “rigide”. Plus tard, l’autopsie révèlera qu’aucune lésion de défense n’a été relevée sur les deux enfants. Une pierre de petite taille a été utilisée pour tuer Cyril, une autre pierre de taille moyenne a été utilisée pour tuer Alexandre et une troisième pierre, de près de six kilos a été employée pour achever les deux enfants. Aucune empreinte digitale n’a été retrouvée sur les trois pierres en raison de leur aspect granuleux..

23h30
Le procureur de la République, M Lucas, arrive sur les lieux.

L'enquête

29 septembre 1986
L'inspecteur Bernard Varlet est nommé directeur d’enquête.

10 décembre 1986
Un premier suspect, Henri Leclaire, qui vit et travaille dans le voisinage du lieu des crimes, est placé en garde-à-vue.Il avoue à deux reprises être l’auteur des meurtres avant de se rétracter. Ses aveux étant jugés peu crédibles, il est rapidement relâché.

12 février 1987
Un deuxième homme, Claude Grabot, âgé de 19 ans est placé en garde-à-vue. Il passe, lui aussi, aux aveux mais ceux-ci sont jugés fantaisistes. Il affirme notamment avoir tué les enfants avec un bâton, ce qui ne correspond pas du tout aux constatations.

► ALLER PLUS LOIN | La piste du troisième homme

Avril 1987
Sept mois après le drame, une voisine des deux familles, Isabelle Deschang, se souvient avoir entendu des pleurs d’enfants aux alentours de 18h45. Les enquêteurs attribuent ces pleurs à Cyril et Alexandre et en concluent que les enfants étaient toujours en vie à cette heure-là, soit quand la famille Dils rentre de week-end.

► ALLER PLUS LOIN | Les ratés de l'enquête

La piste Patrick Dils

28 avril 1987
Patrick Dils est, pour la troisième fois, placé en garde-à-vue. Il y reste trois jours et trois nuits et finit par avouer les meurtres de Cyril et Alexandre. Le jeune homme de 16 ans réitérera ses aveux à six reprises avant de se rétracter définitivement.

27 janvier 1989
Patrick Dils est jugé devant la cour d’assises des mineurs de Moselle. Il est reconnu coupable des meurtres et condamné à la réclusion à perpétuité.

4 mars 2001
Avertie de la présence de Francis Heaulme sur les lieux le jour des meurtres, la cour de révision casse la condamnation de Patrick Dils et le renvoie devant les assises.

20 juin 2001
Le deuxième procès de Patrick Dils se tient devant la cour d’assises de Reims. Parmi les auditions qui marquent le procès: celle de Francis Heaulme. Le tueur en série affirme que Patrick Dils n’est pas l’auteur des crimes. L’avocat général requiert l’acquittement, mais Patrick Dils est à nouveau condamné à 25 ans de réclusion. Il décide de faire appel.

24 avril 2002
Patrick Dils est jugé pour la troisième fois dans l’affaire de Montigny-lès-Metz. Après quinze ans de prison, le jeune homme est acquitté par la cour d’assises des mineurs du Rhône.
15 ans pour rien

La piste Francis Heaulme

mars 1992
Francis Heaulme est entendu à la maison d’arrêt de Brest par l’enquêteur Jean-François Abgrall. Alors qu’il est interrogé sur un autre meurtre, le tueur en série fait allusion à “un incident dans l’Est”. Il raconte avoir vu “le corps de deux enfants près de wagons” et dessine les emplacements où ces corps ont été retrouvés. Francis Heaulme explique avoir été visé sur son vélo par les garçons qui jetaient des cailloux depuis la voie ferrée.

► LIRE AUSSI | les précédentes condamnations de Francis Heaulme

28 jullet 2001
Après la condamnation de Patrick Dils, deux nouveaux témoins font leur apparition. Il s'agit de Joachim Cadette et Emile David, son beau-frère. Les deux hommes étaient partis pêcher, comme à leur habitude le long de la Moselle lorsque, disent-ils, ils ont aperçu Francis Heaulme, qu'ils connaissent en voisin. Ils récupèrent celui-ci, ivre et ensanglanté, à cinq kilomètres des lieux du crime et le raccompagnent alors au domicile de sa grand-mère.

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5 juin 2002
Le procureur de la République de Metz, Joël Guitton, ordonne l’ouverture d’une enquête préliminaire sur Francis Heaulme et l’affaire de Montigny-lès-Metz.

20 septembre 2004
Le procureur de la République ouvre une information judiciaire. Les juges d’instruction M Montfort et Mme Bazelaire sont saisis du dossier.

10 mai 2006
Francis Heaulme est entendu pour la première fois dans le cadre de l’enquête sur l’affaire de Montigny-lès-Metz. Le lieutenant Iltis et l’adjudant Koellsch sont chargés de l’auditionner.

9 juin 2006
Francis Heaulme est entendu par le juge d’instruction, Thierry Montfort. Il est mis en examen pour homicide volontaire.

3 octobre 2006
Une reconstitution est organisée avec Francis Heaulme. Celui-ci nie en bloc et refuse de participer.

29 novembre 2007
Le procureur de la République, Joël Guitton rend un réquisitoire définitif de non-lieu.

18 décembre 2007
Le juge d'instruction, Thierry Montfort prononce un non-lieu. Chantal Beining, la mère de Cyril fait alors appel et après deux suppléments d'informations, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Metz décide de renvoyer Francis Heaulme devant les assises.

31 mars 2014
Le procès de Francis Heaulme s’ouvre devant la cour d’assises de Moselle.

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