La question est clairement posée par l’avocat général. Mais quiconque a assisté aux deux premières semaines de ce procès se pose la même : quel avenir pour les enfants Delay ? Comment ces garçons – on a vu les trois aînés venir assister aux audiences – abîmés, fracassés même peuvent-ils se reconstruire ? Que faire aujourd’hui, quand on sait dans quel état d’abandon ils ont été laissés après les procès et l’incarcération de leurs parents ?

La question, c’est donc Stéphane Cantero qui la pose à Brigitte Bonnafé, psychologue qui a expertisé les quatre fils Delay, alors que le premier procès de l’affaire se déroulait à Saint-Omer. « Comment aider des jeunes hommes victimes des faits les plus odieux ? Comment les aider alors qu’ils paraissent baignés dans un environnement où on leur dit sans cesse « vous êtes victimes de bien d’autres choses » ? »

Brigitte Bonnafé, que l’on a vue très mesurée pendant toute son audition, répond sans hésitation :

« Il ne faut pas les laisser s’enkyster dans la seule identité qui est la leur depuis plusieurs années et qui est celle de victime. Ils auraient besoin qu’on leur injecte du bon et non pas toutes ces sensations d’horreurs qu’on leur a injecté depuis des années. »

A bon entendeur …

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