Le Tunisien considéré comme suspect principal de l'attentat de Berlin était bien connu de la police allemande. Il semble avoir réussi à déjouer la surveillance des autorités.

Le principal suspect était déjà connu des services de police allemands et suspecté de vouloir préparer un attentat
Le principal suspect était déjà connu des services de police allemands et suspecté de vouloir préparer un attentat © Maxppp / FILIP SINGER/EPA

Les autorités allemandes essuient les critiques après l'attentat survenu lundi dans un marché de Noël de Berlin. Le principal suspect, un tunisien, est pourtant bien connu des services de polices.

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Les critiques proviennent notamment du temps nécessaire à la police pour concentrer son enquête concernant l'attaque au camion-bélier sur Anis Amri, ce Tunisien de 24 ans désormais recherché dans toute l'Europe. Longtemps focalisés sur un Pakistanais finalement mis hors de cause mardi soir, les enquêteurs avaient pourtant découvert dès mardi matin un document d'identité du Tunisien dans le camion responsable de la tuerie. Mais c'est seulement dans la nuit de mardi à mercredi qu'un avis de recherche non public a été diffusé aux différents services de police du pays et d'Europe.

Déjà connu de la police allemande comme islamiste

Présent en Allemagne depuis juillet 2015, Anis Amri s'est rapidement fait connaître des autorités allemandes. Désigné comme potentiellement dangereux, il a été notamment en contact avec les milieux salafistes et islamistes de l'ouest de l'Allemagne, en particulier avec un prédicateur irakien de 32 ans arrêté en novembre avec quatre complices pour avoir monté un réseau de recrutement pour le compte du groupe Etat islamique.

Anis Amri a été également suspecté il y a déjà plusieurs mois de vouloir préparer un attentat. La justice de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest), où l'homme a un temps séjourné dans un foyer de demandeur d'asile, a même initié une enquête judiciaire à ce sujet. Selon le magazine Der Spiegel, le renseignement intérieur a aussi découvert via des écoutes qu'Anis Amri avait proposé ses services à des prédicateurs jihadistes pour commettre un attentat suicide. Mais les éléments ont été jugés au final trop vagues.

A Berlin, le Tunisien a ensuite fait l'objet d'une surveillance pendant plusieurs mois car il était soupçonné de vouloir commettre un braquage afin d'acheter des armes en vue d'un attentat. La justice berlinoise a clos l'enquête en septembre, estimant n'avoir rien trouvé de tangible.

Le Tunisien a échappé à l'expulsion

Anis Amri aurait dû être expulsé, mais le suspect a profité de la confusion semée par les multiples identités qu'il utilisait pour éviter un retour dans son pays d'origine. Sa demande d'asile en Allemagne, déposée en début d'année, avait en effet été rejetée en juin par les autorités de Rhénanie, mais Tunisie a refusé de le reprendre en niant qu'il soit un de ses ressortissants. Pendant des mois, le suspect a pu continuer à se déplacer librement en Allemagne.

L'homme n'aurait peut-être jamais dû être autorisé à entrer en Allemagne. Car, selon la presse allemande et italienne, après avoir quitté la Tunisie en 2011 il a d'abord passé quatre ans en Italie, passant l'essentiel du temps en prison pour différents actes de violence et un incendie. Sitôt sorti, il s'est rendu en Allemagne. Selon le Spiegel, l'Italie ne l'a inscrit comme interdit de séjour dans l'espace Schengen qu'en 2016, et ce n'est donc qu'à partir de là qu'il n'aurait en théorie plus dû séjourner en Allemagne.

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. © AFP / Simon Malfatto Laurence Saubadu
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