Radar embarqué
Radar embarqué © MaxPPP

Pour la première fois en France, des internautes sont convoqués devant la justice pour avoir signalé des radars ou des contrôles routiers. Le procureur de Rodez compte bien mettre un terme à cette pratique, mais la colère monte sur les réseaux sociaux...

"Pour les amateurs de fruits, y'a des vendeurs de prunes à la sortie de Marcillac, direction Rodez." Non, on n'est pas sur Radio Londres mais bien sur Facebook, plus précisément sur "Le groupe qui te dit où est la police en Aveyron". Ils sont près de 9 000 à y être inscrits pour partager les emplacements des contrôles routiers qu'ils ont repérés, au nez et à la barbe des policiers.

Mais la justice en a assez : selon Le Parisien / Aujourd'hui en France, le procureur de Rodez, Yves Delpérié, a décidé de convoquer certains internautes identifiés devant le tribunal, le 9 septembre, pour dénonciation de contrôles routiers et "accessoirement, des outrages aux forces de l'ordre". Faute d'avoir pu, dans un premier temps, obtenir la suppression du groupe auprès de Facebook.

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"Prévention ou machine à quota ?"

Passé l'étonnement, les internautes disent leur colère. L'un d'eux s'emporte contre la procédure et plus globalement contre "les quotas" que doivent selon lui remplir les forces de police en multipliant les contrôles. Une pétition a même été lancée, car certains craignent qu'en cas de condamnation, la décision donne des idées à d'autres procureurs... Et qye les poursuites contre les groupes ou les applications signalant les contrôles routiers se multiplient.

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Mais la procédure peut-elle tenir ? Oui, selon le procureur, qui invoque une interprétation assez large du Code de la Route qui stipule (dans son article R413-15) "Le fait de détenir ou de transporter un appareil, dispositif ou produit de nature [...] à déceler la présence ou perturber le fonctionnement d'appareils, instruments ou systèmes servant à la constatation des infractions [...] est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe." Autrement dit, jusqu'à 1 500 euros d'amende... Et six points de permis en moins, pour quelques clics.

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