En mars 2012, pendant les huit jours qu'a duré sa folie meurtrière, Mohamed Merah a abattu sept personnes. Mohamed-Chemsedine Legouad était l'une d'elles. Il avait 23 ans.

Hommage à Mohamed Legouad à la Grande Mosquée de Lyon
Hommage à Mohamed Legouad à la Grande Mosquée de Lyon © Maxppp / Richard Mouillaud

En mars 2012, pendant les huit jours qu'a duré sa folie meurtrière, Mohamed Merah a abattu sept personnes. Outre un père de famille et trois enfants tués dans l'école juive, il a visé des militaires à Toulouse et Montauban. Mohamed-Chemsedine Legouad était l'un d'eux. Il avait 23 ans. Il était auxiliaire d'infrastructure au sein du 17e régiment du génie parachutiste de Montauban. Pendant cinq ans, sa famille a choisi de porter le deuil dans l'intimité et la discrétion. Aujourd'hui, pour honorer la mémoire de son frère, Radia Legouad a choisi de s'exprimer pour la première fois.

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Radia Legouad : "Je veux pas qu'on les oublie, en tout cas nous on ne peut pas les oublier"

Par Delphine Gotchaux

Qui était votre frère ?

C’était un militaire français, de confession musulmane - je pense qu’il est important de le souligner - qui malheureusement s'appelait Mohamed comme son meurtrier, qui avait le même âge aussi. C’est dur à encaisser parfois. On a perdu un homme charmant qu’on regrette tous les jours. Je dis toujours qu’on est amputé d’un membre et le membre fantôme fait mal. C’est exactement ce qu’on vit depuis cinq ans.

Comment appréhendez-vous ce procès ?

On a toujours appréhendé ce moment. Aujourd’hui nous y sommes et on n’est pas plus prêts. C’est pas vrai, on n’est pas prêts. Au contraire, c’est la peur de revivre tout ça moment par moment. Mais j'accompagne mon frère jusqu'au bout.

Est-ce que pour vous ce procès est historique ?

C'est malheureusement le drame précurseur des autres attentats qu’il y a eu. Malheureusement ça fait partie de la mémoire française, il faut que ça reste dans l’Histoire. On espère par ce procès pouvoir faire le deuil, très douloureux, très difficile à faire malheureusement. Je ne veux pas qu’on oublie mon frère. Je ne veux pas qu’on oublie toutes ces vies gâchées. En tout cas, nous on ne peut pas les oublier …

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