C’est un visage plein de bonhommie qui s’affiche sur l’écran géant de la salle d’audience de la cour d’assises de Rennes. Large carrure, double menton, cheveu blanc. Voilà le docteur Jean-Pierre Dickes, expert à la retraite.

Malgré la gravité de l’affaire, le docteur Dickes commence par faire rire la salle. A ses dépens. L’expert ne sait plus lequel des enfants Delay il a examiné. « Mon rapport a été sauvegardé sur une disquette … et je n’ai plus de lecteur ». Il faut alors lui proposer de lui faxer, attendre le numéro de fax, la relecture de son rapport par le médecin … avant de passer aux choses sérieuses.

Enfin du sérieux, les avocats des parties civiles entendent démontrer qu’au contraire, le rapport d’expertise du docteur Jean-Pierre Dickes - réalisé en 1999 alors que les enfants Delay sont toujours chez leurs parents - en manque cruellement. Lors de son examen de Dimitri Delay, le médecin ne note « aucune trace de coup, pas de trace de sévices sexuels ».

Les avocats de Jonathan, Dimitri et Cherif s’étonnent : « un rapport d’une page et demie ».

« Il faut voir comme ça se passait : je grattais en catastrophe un certificat. Je peux même dire que vous avez de la chance d’avoir un rapport daté », se justifie le docteur Dickes. « Des expertises j’en ai fait des centaines, j’en ai 30 kilos dans mon garage ».

« Vous avez pratiqué un examen complet ? », l’interroge Me Forster. « Vous avez pris sa tension ? Vous avez examiné sa bouche, en cas de pénétration orale ? »

« Non, mais si ça avait été le cas, il me l’aurait dit », lâche l'expert. Ou pas.

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