Une conjonction de failles de sécurité : c'est la conclusion du rapport de l'Inspection générale de la Justice mandatée après la spectaculaire évasion de Rédoine Faid. Le braqueur s'est évadé de Réau, en Seine et Marne, le 1er juillet dernier, libéré par un commando armé, à l'aide d'un hélicoptère.

Le rapport sur l'évasion de Redoine Faid pointe d'abord une "conjonction de failles de sécurité" dans la prison de Réau.
Le rapport sur l'évasion de Redoine Faid pointe d'abord une "conjonction de failles de sécurité" dans la prison de Réau. © AFP / Thomas SAMSON

Le rapport, qui n'est pas public, pointe des failles de sécurité dites "passives" : une cour d'honneur sans filin anti-hélicoptères, ce qui est le cas de beaucoup d'établissements puisque les détenus ne passent jamais par ces cours. Vous ajoutez la présence à proximité de cette cour d'une porte d'intervention qui mène au parloir où se trouvait Rédoine Faid. Plus un téléphone d'alerte qui ne fonctionne pas. Le tout exploité par un commando aux méthodes paramilitaires et vous avez une évasion extrêmement bien préparée. 

Mais au-delà de ces explications conjoncturelles, l'inspection juge que c'est également l'organisation de l'administration pénitentiaire qui a failli. En cause, une direction centrale coupée des remontées du terrain. 

"Le transfert de Redoine Faid avait été demandé, et la réponse a tardé", a reconnu la ministre de la justice. A Réau, les personnels de l'établissement pressentaient que le braqueur préparait quelque chose. L'inspection pointe une direction "insuffisamment réactive", trop bureaucratique, coupée des réalités du terrain. 

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Car les moyens du renseignement pénitentiaire se sont focalisés ces dernières années sur la lutte contre la radicalisation, au détriment du grand banditisme. 

Pour y remédier, sur les 100 recrutements prévus d'ici 2020, 15 agents du renseignement pénitentiaire s'occuperont spécifiquement de la criminalité organisée. Avec, pour objectif, de revoir la façon dont sont gérés ces détenus très particuliers qu'une trentaine de prisons en France seront habilitées à recevoir.

La ministre de la Justice compte également faire évoluer la loi, pour que les détenus à risques puissent être placés dans les établissements les plus sécurisés, même quand ils ne sont pas encore définitivement condamnés. C'était le cas de Rédoine Faïd, qui avait fait appel de deux condamnations, et s’était pourvu en cassation dans une troisième affaire : son statut de prévenu limitait le nombre de prisons qui pouvaient l'accueillir. 

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