reporter l'examen de la réforme pénale serait une faute, estime christiane taubira
reporter l'examen de la réforme pénale serait une faute, estime christiane taubira © reuters

Avant même l'examen de la réforme en Conseil des ministres, Jean-Marc Ayrault a annoncé mercredi matin la création de 1.000 postes supplémentaires dans les services de probation et d'insertion.

Les syndicats avaient jugé que la création de postes annoncée par Christiane Taubira ne pourrait suffire. Le Premier ministre a annoncé ce matin sur Europe 1 le recrutement de nouveaux effectifs services de probation et d'insertion (SPIP) pour accompagner la réforme.

Ces moyens nouveaux devraient permettre de ramener à 40 le nombre des dossiers par conseiller de probation et d'insertion pour permettre la mise en place de l’une des mesures phare du projet de la ministre de la Justice : la création d'une "contrainte pénale", peine de probation hors prison.

Applicable pour les délits passibles de cinq ans de prison au maximum, la "contrainte pénale" ne remplacera aucune autre peine et ne sera pas totalement déconnectée de la détention, puisqu'un condamné manquant à ses obligations pourra voir la peine transformée en emprisonnement.

Cette réforme est un risque politique

Pour la Garde des Sceaux l'importance de cette réforme, la volonté de lutter contre la récidive, expliquent le risque assumé âr le gouvernement

Christiane Taubira avec Nathalie Hernandez

Autre mesure phare : les "sorties sous contrainte" de prison, pour éviter les sorties "sèches", sans aucun accompagnement, qui représentent 80% des sorties aujourd'hui et favorisent la récidive selon le gouvernement.

Le projet confirme par ailleurs un des engagements symboliques de François Hollande pendant la campagne présidentielle, la suppression des peines plancher en cas de récidive.

Le texte sera examiné en première lecture au Parlement le 8 avril, après les élections municipales.

Un projet dénoncé par la droite et l’extrême droite qui accusent le gouvernement de se préparer à "vider les prisons" et dénoncent un "feu vert donné aux voyous".

Le JAP

Au coeur de la réforme, le juge d'application des peines, dit aussi "JAP". C'est lui qui aménage les peines de prison, surveille les sursis avec mise à l'épreuve, accorde les demandes de libération conditionnelle. Il sera encore plus sollicité avec la création de la contrainte pénale prévue dans la loi.

Rencontre de Corinne Audouin avec Ludovic Fossey, JAP à Paris.

Favoriser les peines alternatives à la prison

C'est le travail de l'APCARS (Association de Politique Criminelle Appliquée et de Réinsertion Sociale), une association qui travaille depuis 30 ans à la prévention de la récidive, par la réinsertion sociale. L'association, financée par le ministère du Logement, gère deux centres d'hébergement à Paris, pour les personnes en délicatesse avec la justice...

Reportage de Corinne Audouin dans le 11ème arrondissement de Paris

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