Pour le père Riffard, le tribunal a reconnu que l'Etat devait prendre ses responsabilités
Pour le père Riffard, le tribunal a reconnu que l'Etat devait prendre ses responsabilités © maxppp

Le tribunal de police de Saint-Etienne a décidé la relaxe pour un prêtre à la retraite ce mercredi. L'homme de 70 ans était accusé d'enfreindre un arrêté municipal en hébergeant des sans-abri dans une église de la ville de Saint-Etienne.

En invoquant à la fois le code de l'action sociale et des familles et une décision du conseil d'Etat, le juge Henry Helfre a estimé que le droit à l'hébergement d'urgence relève de la "liberté fondamentale" et retenu "les motifs de nécessité invoqués, qui peuvent justifier son attitude par la sauvegarde d'un intérêt supérieur". Pointant les défaillances de l'Etat, le magistrat a expliqué :

"il est paradoxal que l'Etat poursuive aujourd'hui le père Riffard pour avoir fait ce qu'il aurait dû faire lui-même."

Comme la puissance publique n'a pas les moyens d'accueillir les sans domicile, elle doit déléguer cette fonction à d'autres. Dans ce cas précis d'hébergement d'urgence, une directive européenne permet d'assouplir selon lui, les normes de sécurité.

Le père Riffard a pour sa part estimait : "Il est important qu'il y ait eu un débat de fond sur la question".

Il lui était reproché d'avoir hébergé dans un local paroissial d'une église de Saint-Etienne des personnes en attente d'hébergement. Une cinquantaine d'adultes et 14 enfants vivent dans ce lieu parfois quelques jours, d'autres plusieurs mois. Souvent demandeurs d'asile d'origines africaines, notamment de RDC, ces gens n'ont nul part où aller en attendant que la décision de l'Etat quant à leurs avenirs en France. De son côté, le procureur de la République de Saint-Etienne a annoncé que le parquet fait appel.

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