Le procureur Frédéric Fèvre a demandé cet après-midi « la relaxe pure et simple » de Dominique Strauss-Kahn, jugé à Lille pour proxénétisme en réunion. Des peines avec sursis ont été réclamées pour ses amis du Nord. « Un homme puissant serait-il nécessairement coupable ? » commence Frédéric Fèvre, qui se livre à une déconstruction en règle de la thèse des juges d’instruction, dont l’analyse avait été validé par la cour d’appel de Douai. Et de reprendre méthodiquement les critères qui définissent un proxénète : « M. Strauss-Kahn a-t-il tiré un bénéfice de la prostitution ? Non. (…) A-t-il procuré à autrui des prostituées ? La réponse est non ». Pour le parquet, on ne peut même pas établir que DSK connaissait la condition des prostituées, quel que soit le ressenti de Jade, partie civile.

Ni les SMS échangés avec son ami Fabrice, « bien loin de Ronsard et de l’amour courtois », ni l’appartement de la rue d’Iéna ne font de DSK un proxénète. Attention prévient d’ailleurs le procureur, à ne pas élargir davantage la définition déjà bien élastique donnée par le code pénal, sans quoi il faudra poursuivre « tous les hommes qui ont fait monter une prostituée dans leur voiture ». Sans jamais prononcer le mot acharnement, le procureur critique en creux l’importance accordée à Dominique Strauss-Kahn, sans qui « ce dossier aurait été jugé depuis bien longtemps dans l’indifférence générale ». Frédéric Fèvre avoue même qu’il a été « troublé par l’évocation récurrente des pratiques sexuelles de Dominique Strauss-Kahn ».

Le procureur fait preuve du même souci de coller au droit dans ses réquisitions à l’encontre du commissaire Jean-Christophe Lagarde : relaxe demandée pour les faits de proxénétisme, trois mois avec sursis et 5000 euros d’amende pour recel d’abus de biens sociaux. Pas de preuve, là encore. Pourtant, le magistrat ne cache ni sa conviction, « le prévenu nous ment », ni le sentiment de trahison qui l’étreint face au policier chevronné avec qui il travaillait. Deux ans d’emprisonnement avec sursis et 20 000 euros d’amende ont été requis à l’encontre de Fabrice Paszkowski, le « gentil organisateur » des soirées dites libertines, et de David Roquet, l’ex cadre d’une filiale d’Eiffage, loin d’avoir convaincu le parquet qu’il agissait dans l’intérêt de son groupe.

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